L'électorat catholique n'a plus foi en Nicolas Sarkozy

POLITIQUE Le Président se rend ce vendredi au Vatican pour voir le Pape et reconquérir ses fidèles...

Vincent Vantighem

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Le 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait déjà obtenu une audience auprès du pape.
Le 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait déjà obtenu une audience auprès du pape. — VATICAN / GALAZKA / SIPA

Sur cette terre, il veut bâtir son succès pour 2012. Nicolas Sarkozy se rend ce vendredi dans la cité du Vatican pour s'entretenir de la situation des Roms avec le pape Benoît XVI (lire l'encadré). A la fin août, le souverain pontife s'était lui-même ému des expulsions de Roms orchestrées par la France. «Tous les hommes sont appelés au salut. C'est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités», avait-il lancé en français. Mais en allant à sa rencontre vendredi, Nicolas Sarkozy pense avant tout à son propre salut. «La séquence sécuritaire de cet été a suscité un trouble chez les catholiques», confirme Jacques Remiller (UMP), député de l'Isère et président de l'association France-Vatican.

Sa cote de popularité s'érode

Elu par 74% des catholiques en 2007, Nicolas Sarkozy ne recueille plus que 47% d'opinions favorables chez cet électorat, selon une étude menée par l'Ifop cet été. Et la politique envers les Roms n'est pas la seule responsable de cet érosion. «Les catholiques n'ont jamais apprécié le côté bling-bling de Sarkozy», pense Christian Vanneste (UMP-CNI), député du Nord.

«Les polémiques de l'automne 2009 sur l'homosexualité de Frédéric Mitterrand, le double salaire du PDG d'EDF et la nomination de son fils à la tête de l'Epad ont aussi durablement brouillé l'image, enfonce Jérôme Fourquet, directeur adjoint de l'Ifop. Pas sûr qu'une visite au Vatican suffise à la redresser d'ici à 2012.»

A la messe plutôt qu'au bureau de vote

Cet été, les prières du père Hervé, à Lille, «pour que Nicolas Sarkozy meurt d'une crise cardiaque» étaient symptomatiques du mal-être dans la communauté catholique. Pour autant, les électeurs ne devraient pas basculer radicalement dans l'autre camp politique. «Ils sont peu à voter à gauche, poursuit Christian Vanneste. Maintenant, ils peuvent très bien choisir d'aller à la messe plutôt qu'au bureau de vote le jour de l'élection...»

Programme

D'après l'Elysée, Nicolas Sarkozy doit s'entretenir en tête-à-tête pendant une demi-heure avec le pape avant d'enchaîner une seconde audience avec son secrétaire d'Etat et numéro deux, le cardinal Tarcisio Bertone. Il visitera ensuite la basilique Saint-Pierre avec un temps de recueillement prévu à la chapelle Sainte-Pétronille et «une cérémonie pour la France». Selon les canons du protocole papal, le chef de l'Etat a obtenu cette audience en un temps record.