Van Ruymbeke veut enquêter sur Balladur, pas le parquet

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Le juge Renaud Van Ruymbeke
Le juge Renaud Van Ruymbeke — NIKO / SIPA

Les soupçons qui pèsent sur la responsabilité d'Edouard Balladur dans l'attentat de Karachi ayant provoqué la mort de onze Français en 2002 continuent de diviser. Le juge Renaud Van Ruymbeke a décidé, mercredi, d'enquêter sur de possibles rétro-commissions qu'aurait touchées Edouard Balladur, en 1995, dans le cadre de la vente de sous-marins au Pakistan. Mais hier, le parquet de Paris – placé sous l'autorité du ministère de la Justice – a décidé de faire appel de cette décision, considérant que le juge n'est pas « compétent pour investiguer sur ces faits ».

Une dizaine de millions en espèces
La thèse des rétro-commissions occultes est pourtant celle qu'avancent, depuis près d'un an, les familles des victimes de l'attentat. Elles pensent qu'Edouard Balladur a financé sa campagne en 1995 grâce à un échange de pots-de-vin entre la France et le Pakistan. Et que c'est l'arrêt de ce système occulte qui aurait conduit à l'attentat en 2002. Hier, une source judiciaire a apporté de l'eau à leur moulin, assurant que trois membres du Conseil constitutionnel avaient proposé de rejeter les comptes de campagne d'Edouard Balladur, gérés par Nicolas Sarkozy en 1995, en raison de dons « sans justificatifs » d'une dizaine de millions d'euros en espèces. Au final, les sages avaient fini par valider les comptes.V. V.