L'union de la french touch et de l'oncle sam

I. G.

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Ces gateaux peuvent atteindre 6 000 €.
Ces gateaux peuvent atteindre 6 000 €. — SIPA

La tour de choux et la pièce montée de macarons ont vécu. Place à la crème des gâteaux de mariage made in America : les wedding cakes, ces géants de cinq étages pouvant faire deux mètres de large qui peuplent les comédies américaines. En forme de bateau, de maison ou plus sobrement à l'effigie des mariés, le wedding cake, facturé entre 500 et 6 000 €, n'a pas de limite. Si ce n'est celle du goût, à défaut du bon goût. « A priori, le wedding cake n'est pas forcément bon », admet Linda Goncalves, de Wedding Cakes Avenue. Les pâtissiers français y ont ajouté leur savoir-faire. Son petit frère, le cup cake (petite pâtisserie à la crème), s'est lui aussi invité à la fête en revisitant la pièce montée. Moins comestibles, les cadeaux d'invités, autre spécialité américaine, ont traversé l'Atlantique pour concurrencer nos traditionnelles dragées. Bougies et porte-sac pour les femmes ou décapsuleurs en forme d'escarpin pour les hommes, ces cadeaux amusent par leur côté kitsch, et représentent « une façon de remercier les gens que l'on aime », selon Marina Gueye, de Love and Gift. Comptez tout de même un budget de 1 000 € pour 120 convives. Sept ans après leur arrivée en France, les « wedding planners » ont réussi leur percée chez les froggies. Ils seraient 300 en France à se partager l'organisation des mariages les plus onéreux (100 000 € en moyenne), pouvant aller jusqu'à 700 000 €. Des pionniers qui ont ouvert la voie à une américanisation du rite du mariage.
Pourtant, cette influence a ses limites, et s'arrête là où commence l'un des tabous français : « Contrairement à la surenchère qui existe aux Etats-Unis, où l'on affiche pratiquement le montant de son mariage pour rivaliser avec ses amis, en France, on continue au contraire de cacher le prix de sa noce », explique Caroline Lemoigne, « wedding planer ». L'exception culturelle française n'est pas morte.