Retraites: les syndicats vont-ils ou non durcir le mouvement?

RETRAITES Ils se réunissent lundi soir pour se mettre d'accord...

Elsa Meyer

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Des manifestants contre la réforme des retraites à Paris, le 23 septembre 2010.
Des manifestants contre la réforme des retraites à Paris, le 23 septembre 2010. — AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

Une quatrième journée de mobilisation contre la réforme des retraites est déjà prévue le 12 octobre prochain. Mais que faire ensuite?

Les huit organisations syndicales nationales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa) se réunissent lundi soir pour trouver une réponse à cette épineuse question. Face à l’intransigeance du gouvernement, certaines appellent à une grève reconductible.

Passer à la vitesse supérieure

Tous les syndicats estiment que Nicolas Sarkozy n’a pas du tout pris en compte l’ampleur de la mobilisation contre sa réforme des retraites. 2,9 millions de personnes, selon eux, et 899.000 selon la police ont ainsi défilé samedi dans toute la France. Un chiffre légèrement en recul par rapport à la précédente journée du 23 septembre (3 millions selon la CGT, 997.000 selon la police).

Mais le gouvernement reste campé sur ses positions. Il ne touchera pas au fond de la réforme et au recul de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans d’ici à 2018. Il se dit toujours prêt, en revanche, à des évolutions à la marge lors des discussions au Sénat qui commencent ce mardi.

Grèves reconductibles

Certaines organisations syndicales menacent donc de passer à la vitesse supérieure. Le numéro un de la CGT Bernard Thibault a réaffirmé samedi que «si le gouvernement confirme son intransigeance, il ne faudra pas s'étonner si la mobilisation prend d'autres formes».

Son homologue de la CFDT François Chérèque a évoqué pour sa part un «risque de formes de durcissement» de la mobilisation. Interrogée par 20minutes.fr, le syndicat s’est refusé lundi à donner plus de précisions avant la réunion de l’intersyndicale.

Les manifestations de 24 heures pourraient notamment se transformer en grèves reconductibles. Le secrétaire général de la CGT cheminots, Didier Le Reste, souhaite ainsi que plusieurs secteurs d'activité s’engagent dans cette voie «à partir du 12 octobre», a-t-il expliqué dimanche à l’AFP.

Opinion publique

«Si le gouvernement continue de mépriser les millions de manifestants qui s'opposent à sa réforme, de vouloir passer en force et de ne pas entendre, il faut hausser le ton et être en capacité d'offrir un autre cadre plus permanent, plus long à la mobilisation», a indiqué Didier Le Reste. La FSU et Solidaires veulent même commencer dès maintenant, sans attendre la semaine prochaine.

Mais ces grèves reconductibles sont très risquées pour les syndicats. Ils risquent de se mettre à dos une bonne partie de l’opinion publique qui lui y est pour l’instant favorable.

Selon un sondage CSA pour L'Humanité de samedi, 71% des personnes interrogées ont ainsi affiché soutien et sympathie pour la journée d'action du samedi 2 octobre.  Pas sûr que cela dure si une grève paralyse le pays dans les prochains jours.