Réforme des retraites: Entre 900.000 et 3 millions de personnes dans les rues

C.C. et N.B. avec AFP

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Les syndicats espèrent faire mieux que lors de la manifestation du 23 septembre.
Les syndicats espèrent faire mieux que lors de la manifestation du 23 septembre. — J. C. MAGNENET / ARCHIVE ANP / 20 MINUTES

>> Avant la manifestation:

«A chaque fois, c'est un pari. En plus, on joue contre la montre». Cette déclaration du numéro un de l’Unsa, Alain Olive, illustre le nouveau défi que vont tenter de relever les syndicats samedi avec une nouvelle mobilisation pour protester contre la réforme des retraites dont le texte doit être voté définitivement d'ici un mois.

Après la polémique sur les chiffres de manifestants lors de la journée d'action du 23 septembre (trois millions de personnes selon la CGT, moins d'un million selon le gouvernement), les syndicats veulent faire la démonstration que la contestation du projet gouvernemental ne s'essouffle pas.

«Samedi, cela va être bien»

Mais cette fois, ce sera un samedi. Un handicap par rapport à un jour de semaine? Si manifester le samedi, ce n’est pas inédit, cela représente néanmoins une nouveauté dans le calendrier social récent. Cela constitue aussi un nouvel enjeu. Les syndicats tablent en effet sur le renfort de nombreux salariés isolés, des étudiants et des familles dans cette nouvelle étape, renouant avec une forme d'action qui avait assuré la victoire contre le CPE en 2006.

Selon un haut responsable de la CGT, «samedi, cela va être bien». Les syndicats s'attendent à voir «en partie une autre population» que lors de manifestations précédentes: des familles, ceux qui ne font pas grève pour ne pas perdre une journée de salaire ou «ne peuvent pas faire grève, dans les faits», comme les employés des très petites entreprises.

Les syndicats étudiants (l'Unef a lancé une campagne) et lycéens appellent aussi à défiler. Au centre de leurs revendications: fortement touchés par le chômage au début de leur vie professionnelle, les jeunes auront une retraite revue à la baisse, conséquence du projet. Mais de ce côté, «je ne suis pas persuadé que ce sera un raz-de-marée», confie un responsable syndical salarié.

Le gouvernement agace les syndicats

Quoi qu’il en soit, les récentes déclarations gouvernementales sur le mouvement de contestation ou la réforme en elle-même, comme celle de Nicolas Sarkozy jeudi (les Français se diront qu'ils n'ont «pas de soucis à se faire»), ont été très mal perçues par les huit syndicats organisateurs (CFDT, CGT, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et FO), qui apparaissent plus déterminés et unis que jamais.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a ainsi estimé que la «négation» par l'exécutif de l'importance de la mobilisation du 23 septembre «allait lui revenir comme un boomerang». Son syndicat a en tout cas recensé 229 manifestations prévues dans tout le pays samedi, soit un nombre équivalent à celui enregistré le 23 septembre. Il y avait eu alors 231 manifestations contre 213 le 7 septembre. Et si le gouvernement ne recule pas, une journée de grèves et de manifestations est d'ores et déjà annoncée le 12 octobre, en plein débat sur la réforme au Sénat, qui en entame l'examen mardi.