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À l'écoute de la tristesse de l'enfant

À l'écoute de la tristesse de l'enfant

Santé Le syndrome de la dépression touche également les adolescents et les tout-petits
Irritabilité, refuge dans le sommeil et troubles alimentaires sont à surveiller chez l'ado.
Irritabilité, refuge dans le sommeil et troubles alimentaires sont à surveiller chez l'ado. -  A. GELEBART / 20 MINUTES
Ingrid Gallou

Ingrid Gallou

Longtemps assimilée à la crise d'adolescence, la dépression touche aussi les plus jeunes, et même les enfants. Ils seraient 1 % chez les tout-petits et entre 7 et 8 % chez les adolescents, dont une nette majorité de filles. Cette prédominance féminine, qui persiste ensuite chez les adultes, aurait plusieurs origines. Parmi elles, l'influence de certaines hormones, dès la puberté, mais aussi le mode d'expression.
« Une jeune fille exprimera plus facilement sa tristesse et son anxiété, alors que le garçon se dirigera davantage vers des conduites à risque et des addictions », explique Diane Purper-Ouakil, psychiatre à l'hôpital Robert Debré. Irritabilité, refuge dans le sommeil et troubles alimentaires seront à surveiller du côté de l'ado. Chez l'enfant, on sera attentif aux mimiques de tristesse et aux propos dévalorisants ou coupables qu'ils peuvent tenir sur eux-mêmes. Voire aux idées suicidaires révélées par des formules telles que « ça ne vaut pas la peine que je vive ». La perte d'intérêt pour tout ce qui lui plaisait (copains, etc.) comme les insomnies au petit matin, « moment très difficile pour les dépressifs », sont autant de signes d'alerte. Et ce à tout âge. « Même les bébés peuvent présenter des signes dépressifs », note Diane Purper-Ouakil. Un diagnostic difficile pour les parents et les médecins, tant l'état dépressif est « contradictoire avec l'idée générale que l'on se fait de l'enfance », explique le psychiatre Alain Braconnier, directeur du centre Philippe-Paumelle. Une fois détectée, l'approche non médicamenteuse est privilégiée, contrairement à la dépression chez l'adulte où la prescription fait loi.

Des risques de rechute
Le travail du psychiatre ou du psychologue consiste alors à « déculpabiliser tout le monde », pour que les parents soient en mesure d'aider leur fils ou leur fille. Car souvent l'enfant se sent coupable de ne pas répondre aux attentes de ses parents. La décision d'une mise sous traitement peut être exceptionnellement envisagée. Mais elle n'est pas anodine, compte tenu du risque d'idées suicidaires provoqué chez les enfants et jeunes adultes par l'unique antidépresseur du marché. Tout doit être mis en œuvre pour contrer un syndrome de dépression pouvant durer jusqu'à six mois, avec un risque de rechute non négligeable. Car, prévient Diane Purper-Ouakil, pas question de laisser évoluer des signes dépressifs. « Etre déprimé, ce n'est pas maturant. » Pire, cette « énorme souffrance » provoquerait à terme des séquelles au niveau du développement cérébral.