Pauvreté: Françoise élève sa fille avec 690 euros par mois

SOCIAL Cette mère de famille vit sous le seul de pauvreté...

Céline Blampain

— 

Supermarchés low-cost pour la nourriture, brocantes et marchés pour les vêtements, les familles monoparentales cherchent à limiter leurs dépenses au maximum.
Supermarchés low-cost pour la nourriture, brocantes et marchés pour les vêtements, les familles monoparentales cherchent à limiter leurs dépenses au maximum. — S. POUZET / 20 MINUTES

A 53 ans, Françoise fait partie de ces quelque 7 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté. Célibataire et au chômage, elle élève seule sa fille de 13ans dans un trois-pièces parisien.

«Au début, je ne voulais même pas aller voir les services sociaux, j'avais trop honte», explique-t-elle. Selon l'Insee, les familles monoparentales, souvent constituées d'une mère et de ses enfants, ont deux fois plus de chances de tomber dans la précarité.

Pour Françoise, tout est allé très vite. Depuis 2008, elle n'a plus droit aux allocations chômage et touche tout juste 690€ de revenu de solidarité active (RSA) par mois, qu'elle complète avec des petits boulots.

Dix euros pour manger

Françoise a pourtant été intermittente du spectacle pendant vingt ans. «J'étais intégré socialement, j'avais un certain train de vie. C'est très difficile de se retrouver sans rien.»

Depuis quelques années, elle enchaîne les jobs et les formations de Pôle emploi, mais rien n'y fait. «A 53 ans, je ne corresponds jamais à rien.» Le père de sa fille, une «aventure de passage», a disparu depuis longtemps et ne l'a jamais aidée.

Pour manger, Françoise n'a parfois que 10 € par jour. « Je vais dans les supermarchés low-cost, je cuisine beaucoup, explique-t-elle. Ma fille souffre du regard des autres. Je fais les brocantes et les marchés pour lui trouver des vêtements. L'an dernier, je lui ai fait soigner les dents. Ça a été très difficile de trouver un orthodontiste qui accepte la CMU. »

Aujourd'hui, Françoise garde des enfants le mercredi et fait des animations commerciales deux fois par semaine. « Je garde espoir, lance-t-elle. Je n'aurai jamais de retraite, mais je me battrai jusqu'au bout. »