La réforme d'Éric Besson migre à l'Assemblée

IMMIGRATION Le projet de loi présenté ce mardi a été durci après les polémiques sécuritaires de l'été...

Vincent Vantighem

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G.GOBET / AFP

Eric Besson a disposé de six mois pour peaufiner son texte. Cet après-midi, le ministre présentera son projet de loi relatif à l'immigration à l'Assemblée nationale. Annoncée dès le mois de mars dans la foulée du débat sur l'identité nationale, la réforme a, depuis, été copieusement enrichie par le discours prononcé cet été à Grenoble par Nicolas Sarkozy.

Un texte composé de 107 articles

Déchéance de la nationalité, interdiction du retour sauf pour «raisons humanitaires», mariages gris: le texte contient aujourd'hui 107 articles qui font dire à Sandrine Mazetier que «l'égalité de tous devant la loi n'est plus qu'un vague souvenir...» Cet après-midi, la députée (PS) de Paris chargée des questions d'immigration croisera le fer avec le ministre lui-même. «On sent de sa part une volonté d'opacifier les choses et de stigmatiser les étrangers», nous a-t-elle confié.

La marge de manœuvre de l'opposition est toutefois extrêmement limitée. Le gouvernement dispose toujours de la majorité à l'Assemblée. Et le ministre assume pleinement son texte. «Nous avons commencé par transposer trois directives européennes en droit français, explique l'un des ses proches. Et puis, nous avons intégré les propositions formulées par le chef de l'Etat...» Le résultat final (lire l'encadré) autorise la création de zones d'attente pour les clandestins interpellés partout sur le territoire, rallonge la durée de rétention des étrangers en situation irrégulière, mais accélère le processus de naturalisation de ceux qui présentent «un parcours exceptionnel dans les domaines civique, scientifique ou sportif».

Une trentaine d'heures de débats

«Xénophobe» et «vichyste» pour le Front de gauche, le projet de loi «destabilise carrément notre pays» pour le Parti socialiste. «L'outrance n'a jamais été un moyen de faire de la politique, rétorque-t-on au cabinet d'Eric Besson. Nous, nous sommes très clairs avec nos convictions. Et pour ce qui est du PS, il manque clairement de ligne politique: à chaque représentant son argument.» Chacun leur tour, les opposants disposeront, quoi qu'il en soit, d'une trentaine d'heures dans l'Hémicycle pour faire entendre leur voix et du soutien de manifestants qui ont prévu de se faire entendre devant le Palais-Bourbon.

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