Dans le cortège parisien, les jeunes étaient venus nombreux pour protester contre la réforme des retraites.
Dans le cortège parisien, les jeunes étaient venus nombreux pour protester contre la réforme des retraites. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

SOCIAL

Retraites: des jeunes peu mobilisés mais tous préoccupés

Nicolas Sarkozy veut éviter une révolte étudiante...

 Les jeunes seront sans doute une minorité dans les cortèges ce jeudi. Etudiants, lycéens, chômeurs ou jeunes salariés, la frange la plus politisée d’entre eux commence à se mobiliser. Mais ils n’ont pas «les clés du mouvement social en main», estime Julien Janvier, secrétaire national de la Confédération étudiante.

Pour Sylvain Terrier, de SUD-Etudiants, «c’était vraiment difficile de mobiliser pour la manif du 7 septembre: les cours n’avaient pas encore repris dans la plupart des universités. Ce sera mieux cette fois: les cours ont repris le 13 dans beaucoup des facs, d’autres ont repris ce lundi... On a pu faire un peu de sensibilisation.» Mais peut-être pas encore assez. «Il nous reste une marge de progression», admet Sylvain Terrier. Les cours n’ont pas encore repris dans les facs parisiennes. En attendant, quelques lycées de la capitale se mobilisent. «On était 800 le 7 septembre à Paris. On sera le double ou le triple cette fois», prédit Antoine Evennou, président du syndicat lycéen UNL. 

«Si je fais grève, mon patron me vire»

Situation différente pour les jeunes travailleurs. «Ils sont en CDD, en intérim pour la plupart», rappelle Stéphane Haar, président de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne). «Le droit du travail n’existe pas pour eux. Ils se disent: si je fais grève, mon patron me vire. Pour manifester, il faut en avoir la possibilité. Mais on sent une vraie envie de se mobiliser. Les jeunes ont l’impression de n’être jamais entendus.»

Nicolas Sarkozy craint surtout la mobilisation étudiante. Il cherche à éviter un mouvement d’ensemble étudiants – syndicats pro. Le président a donc a lâché du lest sur les sujets touchant à l’autonomie étudiante. Il a renoncé à supprimer le cumul des APL (aides pour le logement) et de la demi-part fiscale pour les enfants à charge. Il leur a aussi octroyé un dixième mois de bourse. «Le recul sur l’APL, ce n’est pas un progrès, nuance Sylvain Terrier. Il a juste renoncé à une attaque, c’est différent!» 

«L’emploi, argument numéro un»

Ce «cadeau» présidentiel n’est en tout cas pas suffisant pour calmer l’inquiétude d’une jeunesse angoissée, obsédée par la question de l’emploi. «L’emploi, c’est l’argument numéro un pour les inciter à manifester», poursuit Sylvain Terrier. «Beaucoup se demandent déjà s’ils auront droit à une retraite», raconte Julien Janvier. «Une vraie politique pour l’emploi des jeunes, ce sera d’abord ça qui pourra financer les retraites.»

Les syndicats ont déjà prév d'autres manifestations en octobre, qui coincideront avec les dernières rentrées des facs.