Home organiser: «Mettre les choses à leur place et trouver une place à chaque chose»

LOGEMENT Ces «coachs» du rangement aident à optimiser son espace et retrouver du bien-être chez soi...

Corentin Chauvel

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VALINCO / SIPA

Si l’aménagement de leur intérieur n’est pas ce qui perturbe le plus les Français mécontents de leur logement, d’après le dernier baromètre de l’Observatoire national du bien-être dans les immeubles paru ce mardi, il pourrait tout de même contribuer à les rendre encore plus heureux. C’est justement le métier des «home organisers», les «coachs» du rangement.

Arrivé en France il y a six ans par l’intermédiaire de la décoratrice d’intérieur Cyrille Frémont, le concept anglo-saxon consiste à ranger et réorganiser son intérieur afin d’améliorer son quotidien. En effet, selon les différents spécialistes contactés par 20minutes.fr, se sentir bien chez soi contribue largement à se sentir également bien dans sa tête.

«On trie, on se débarrasse, on organise, on revit!»

Au contraire de la décoration d’intérieur qui augure d’un véritable chantier (refaire les peintures, changer les meubles,…), le «home organising» est un simple réagencement, une optimisation de l’espace qui tend à rendre l’habitat plus adapté. «On met les choses à leur place et on trouve une place à chaque chose», résume Cyrille Frémont, auteure de «Organiser ses rangements» (éditions Fleurus).

Concrètement, le home organiser vient chez vous et fait un état des lieux des pièces sur lesquelles il interviendra (du dressing à toute la maison). Ensuite, «on désencombre, on trie, on étiquette, on se débarrasse, on organise et on revit!», explique Cyrille Frémont. L’objectif premier est ainsi de «libérer de la place» et parfois même, d’ajouter un peu de décoration (lampe, rideaux, table). Une fois l’opération réalisée, «quand on rentre chez soi le soir, tout est plus facile, plus fluide, plus zen et détendu», indique Elsa de Nombel qui s’est lancé dans le home organising il y a un an et demie.

«Travailler sur son intérieur, c’est travailler sur soi»

Mais le grand nettoyage n’est pas aussi simple. «Les gens aiment garder. Je les incite à donner, à vendre, à se débarrasser, pour gagner un peu de place», raconte le décorateur d’intérieur Philippe Carillo. Le home organiser doit alors souvent s’improviser médiateur (pour les couples) voire psychologue. «C’est un métier de face à face, il faut avoir une écoute. Travailler sur son intérieur, c’est travailler sur soi», précise Cyrille Frémont. «On s’adapte, on aide les gens à faire le deuil de certaines choses», poursuit Philippe Carillo.

La clientèle des home organisers est essentiellement féminine, âgée de 40 à 60 ans, et pas forcément aisée malgré des tarifs élevés (entre 90 et 200 euros l’état des lieux, puis de 250 à 650 euros la journée). «Les gens très aisés ne sont jamais dans une situation critique, ils n’ont qu’à déménager», explique Cyrille Frémont. Les home organisers ont donc plutôt à faire à une classe moyenne, des primo-accédants, des couples qui voient arriver un enfant ou encore des retraités qui reviennent vivre en ville.

«On n’achète rien, on déplace et on donne une nouvelle identité»

«Il y a toujours un truc qui déclenche cet investissement, un changement de statut (mariage, veuvage, parenté), de boulot», ajoute Cyrille Frémont. Les avis sont divisés sur le besoin qui pousse les gens à faire appel à un home organiser. Pour Elsa de Nombel, ce n’est pas forcément parce qu’ils sont désorganisés, c’est «beaucoup par manque de temps»: «Les Français pensent toujours qu’ils ont le temps, qu’ils peuvent le faire eux-mêmes». Au contraire, selon Cyrille Frémont, «le temps, on le prend, mais les gens ont lâché, ils ne sont pas organisés parce qu’ils ne savent pas, ils n’ont pas eu la transmission». 

Boosté par les émissions télévisées de relooking d’intérieur, le home organising est dans la mouvance de la «décoration de crise», analyse Philippe Carillo: «On n’achète rien, on déplace et on donne une nouvelle identité». Pour autant, le concept se développe petit à petit sans non plus exploser. «J’ai beaucoup de mal», confesse Elsa de Nombel qui explique que, outre le prix, «les Français n’ont pas la même mentalité que les Anglo-saxons, ils ont peur de faire rentrer un étranger chez eux».