«L'entreprenariat change à 200% la vie de jeune»

TEMOIGNAGES Ils se sont lancés à 18, 20 et 23 ans. Après l'annonce d'Hervé Novelli, ils livrent à 20minutes.fr leurs impressions sur les jeunes entrepreneurs...

Propos recueillis par Julie Rasplus

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Les jeunes de moins de 25 ans représentent 6% des entrepreneurs
Les jeunes de moins de 25 ans représentent 6% des entrepreneurs — PureStock/SIPA

C’est désormais officiel. Dès janvier 2011, les jeunes de 16 ans pourront monter et gérer leur entreprise avec leur propre nom. Le dispositif aurait pu séduire Xavier Leune, Aurélie Perruche et Jean-Charles Battut. Tous les trois font partie des 6% d’entrepreneurs âgés de moins de 25 ans. Ils se sont lancé depuis au moins un an.

«C’était le meilleur moment pour nous», assure Aurélie Perruche, cofondatrice de Likiwi & Co depuis 2009. «Nous n’avions pas de famille, pas de dette et des parents en soutien. On n’avait rien à perdre», se rappelle-t-elle. A peine ses études finies et aidée par le Moovjee, elle se lance avec son associé.

Avantages et inconvénients

Pour Jean-Charles Battut, l’entreprenariat est arrivé par hasard. «J’ai été contraint et forcé, pour raisons personnelles, de reprendre l’entreprise de mon père à 18 ans, confie-t-il. A l’époque, je n’y pensais pas du tout. Je me disais que je ferais ma vie de jeune». Séduit par le boulot, il continue et lâche ses études. Pari gagné: à 22 ans, Jean-Charles est désormais à la tête de quatre sociétés.

Selon lui, les jeunes «sont plus rapides et prennent plus de risques ce qui peut être positif». Mais «avec le personnel, c’est plus compliqué. Il faut montrer qu’on est capable de le faire». Ce problème de crédibilité, Aurélie aussi l’a ressenti «face aux investisseurs et aux clients». Il reste le principal inconvénient des jeunes entrepreneurs.

L’âge: pas un frein

A 18 ans, Xavier Leune s’est lui aussi lancé dans son projet: la création d’une communauté autour du taekwondo. Trois ans plus tard, le jeune homme est désormais co-gérant de deux sociétés. À l’instar d’Aurélie et Jean-Charles, l’âge n’a pas été un frein pour lui. «En France, la création d’entreprise n’est pas évidente. C’est un constat général. Et quand on en crée une, on est seul quel que soit l’âge», explique-t-il.

En 2007, Xavier était bachelier depuis deux ans et ne pensait pas continuer ses études. «Je n’accrochais pas», plaisante-t-il. Selon Aurélie Perruche, ce parcours justifie à lui seul de donner la possibilité de créer son entreprise dès 16 ans: «Si ça peut les aider à gagner un salaire le plus tôt possible, c’est une bonne chose», défend-elle. Encore faut-il une «vraie envie et une idée.»

Un changement de vie

«Avoir 16 ans peut sembler jeune mais la création d’entreprise est une excellente expérience», insiste Aurélie. Jean-Charles Battut tempère: «Parfois, je me dis que j’ai grandi trop vite. Je vois bien que je n’ai pas les mêmes problématiques que les jeunes de mon âge.»

Le chef d’entreprise conseille même à ceux de 16 ou 17 ans de «ne pas lâcher les études», lui qui n’a pas hésité à quitter la terminale. «La vie d’entrepreneur change à 200% la vie d’un jeune», prévient-il. Xavier Leune aussi délivre ses conseils et met en garde des implications sur la vie personnelle. «Pour moi, donner la possibilité à des très jeunes de monter son entreprise peut s’avérer une bonne idée. Mais il faut voir comment le dispositif va être géré et ne pas oublier ceux de moins de 25 ans qui sont déjà lancés», conclut-il.