Allergies alimentaires: le danger vient de l'assiette

SANTE Un symposium sur le sujet se tient à Paris...

Ingrid Gallou
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Des fruits secs.
Des fruits secs. — R. BEN-ARI / NEWSCOM / SIPA

Céleri, coriandre ou baume du Pérou, la liste des aliments allergènes ressemble à un inventaire à la Prévert. Un symposium consacré aux allergies alimentaires, organisé à Paris par l'Institut français pour la nutrition, se penche aujourd'hui sur ces intolérances protéiformes, touchant aussi bien les nouveau-nés que les personnes âgées.

Eva, maman d'un petit garçon de 5 ans, a pu constater la précocité de ce type d'allergies, lorsqu'à 4 mois, son fils n'a plus supporté le lait maternel. Un test met alors en évidence la présence de protéines animales transmises à l'enfant via le lait.

Teint livide et chute de tension

L'examen révèle aussi des allergies au blé, à l'œuf, à l'arachide et aux fruits à coque (noix, noisettes, etc.). Une intolérance qui a disparu au fur et à mesure que son système immunitaire devenait mature. 

Pas assez vite cependant, puisqu'au détour d'un sorbet à la rhubarbe, son enfant alors âgé de 4 ans subit un choc. Teint livide, voix déformée et subite chute de tension: le «protocole d'urgence» est déployé. 

Dans la trousse qui ne quitte pas son fils, Eva pioche l'anti-inflammatoire, administré en bonne quantité. «Dans ces moments-là, on ne compte pas les gouttes», confie-t-elle.

«On peut mourir en trois minutes»

Aujourd'hui, seule l'intolérance à l'arachide subsiste chez son fils. «Un produit bien plus facile à éviter aujourd'hui qu'il y a dix ans». Le lobbying actif auprès des industriels a payé, les obligeant à remplacer l'huile d'arachide par celle de palme. 

Mais, estime-t-elle, «la difficulté ne réside pas dans la contingence, mais dans la gestion psychologique de l'allergie. On peut mourir en trois minutes avec une substance inoffensive pour la majeure partie des gens. Nous sommes les seuls gardiens de notre vie ou de nos enfants allergiques.»