Claire Thibout maintient ses accusations de financement politique illégal

JUSTICE Elle confirme que Patrice de Maistre a versé 150.000 euros à Eric Woerth avant la présidentielle de 2007...

M.P. avec AFP

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Liliane Bettencourt au Palais de l'Elysée le 18 avril 2005. 
Liliane Bettencourt au Palais de l'Elysée le 18 avril 2005.  — REMY DE LA MAUVINIERE/AP/SIPA

Claire Thibout ne change pas sa version d’un iota et accuse une nouvelle fois Patrice de Maistre d’avoir versé 150.000 euros à Eric Woerth pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Dans un entretien à Complément d’enquête, diffusé lundi soir sur France 2, l’ancienne comptable de Liliane Bettencourt raconte que le gestionnaire de fortune de cette dernière «vient me trouver dans mon bureau et il me dit: “Claire, j'ai besoin de 150.000 euros”. Alors je lui demande pour quoi faire et il me dit “je dois donner ces 150.000 euros à M. Woerth pour la campagne électorale de M. Sarkozy”», explique-t-elle, réitérant ses premières accusations de financement politique illégal portées contre Eric Woerth sur Mediapart.

Mais son témoignage est fragilisé par les 400.000 euros qu’elle a reconnu avoir reçu de la part de François Bettencourt-Meyers, la fille de l’héritière de l’Oréal, en conflit judiciaire avec sa mère. Elle a touché cette somme lors de son licenciement en 2008, s’ajoutant aux 500.000 euros versés par la milliardaire. L’ex-comptable nie avoir été achetée. «Pour moi, c'était des dommages et intérêts. Je ne savais pas si j'allais retrouver du travail, j'avais 50 ans, une famille quand même qui était là (...). Je n'ai pas été achetée puisque je n'ai dit que la vérité de toute façon», affirme-t-elle. Françoise Bettencourt-Meyers a expliqué qu’elle avait versé cet argent conformément aux voeux de son père décédé en 2007.

Et l’île Arros?

Dans l’émission, Claire Thibout explique également que c’est en mai 2007 qu’elle dévoile à Françoise Meyers-Bettencourt, à l’origine de la procédure pour abus de faiblesse, l’emprise de François-Marie Banier sur sa mère. «Françoise Bettencourt tombe des nues. Elle se doutait que (François-Marie Banier, ndlr) percevait de l'argent, qu'il avait des chèques mais elle ne se doutait pas du tout de l'ampleur des donations», explique l’ancienne comptable.

Les journalistes de Complément d'enquête se sont également rendus sur l’île d’Arros, aux Seychelles, dont ils ont consulté le cadastre dans lequel il n'est nulle part fait mention d'une transaction au bénéfice des Bettencourt. Cette île appartient depuis 1975 à la société, «D'Arros Land establishment», dont le propriétaire à l'époque de la transaction était le prince d'Iran, Sharam Pahlavi, neveu du Shah. Mais les Bettencourt auraient acquis l’île pour 15 millions d’euros, via cette société basée au Liechtenstein, sans l’avoir déclarée au fisc seychellois. La justice seychelloise a lancé une enquête pour connaître le véritable propriétaire de l'île, affirme une porte-parole du procureur général des Seychelles, citée dans le reportage.