Suppression de l'avantage fiscal pour les jeunes mariés: «Le gouvernement perd tout sens des réalités»

REACTIONS Les critiques s'élèvent à gauche comme à droite...

Julie Rasplus avec AFP

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F. Guillot/AFP

«Lamentable» et injuste. Les politiques n’ont pas tardé à réagir après l’annonce de la possible suppression de l’avantage fiscal réservé aux jeunes mariés, pacsés ou divorcés dès l’année prochaine.

Benoît Hamon, porte-parole du PS, estime que cette mesure participe d’une politique d’«injustice fiscale», la «marque de fabrique de ce gouvernement» et touchera en priorité «les jeunes couples qui s’installent».

2.654 au lieu de 427 euros d’impôt

Benoît Hamon a pris l’exemple d’un couple dont la femme gagnerait 1.500 euros nets par mois et l’homme 2.000 euros nets. «L’année de leur mariage, l'impôt pour ce couple aurait été de 427 euros. Avec le nouveau schéma retenu par le gouvernement, l'impôt passe à 2.654 euros», a-t-il précisé.

Le porte-parole du PS a mis en cause le bouclier fiscal du gouvernement, qui s’est élevé à 679 millions d’euros pour 2009, alors que l’Etat attend un gain de 500 millions d’euros avec la suppression de l’avantage pour les jeunes mariés.

Une «aide à l’installation» menacée

Même son de cloche du côté du PCF. Pour Pierre Laurent le gouvernement «cramponné à son bouclier fiscal» perd «tout sens des réalités».

Le secrétaire national du PCF a regretté la mesure envisagée. Selon lui, le dispositif «était devenu (…) une aide à l’installation et s’adressait d’abord aux jeunes couples délaissés en terme d’aide fiscale».

Des critiques à droite

Christine Boutin a également critiqué l’annonce de François Baroin, ministre du Budget: «C’est un signal qui laisse entendre que la politique familiale est une nouvelle fois abîmée.»

La présidente du Parti chrétien démocrate a proposé de pallier la suppression en mettant en place «une prime à l’enfance dès la première naissance». Cela pourrait bien éviter que cette mesure «symbolique» n’ait «des conséquences pour la présidentielle de 2012».