Menace terroriste sur la France: quel dispositif pour y faire face?

SECURITE Le plan Vigipirate prend en compte les différents degrés du danger potentiel qui plane sur le pays...

Corentin Chauvel

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Militaires du plan Vigipirate, à la Gare du Nord, à Paris
Militaires du plan Vigipirate, à la Gare du Nord, à Paris — Reuters

«La menace est réelle», «notre vigilance est renforcée». Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a réaffirmé ce lundi que la France courait un danger réel et que «des types d'objectifs totalement indéfinis» étaient menacés, comme l'ont montré la semaine dernière les fausses alertes à la bombe à Paris à la Tour Eiffel et dans la gare RER de Saint-Michel, ainsi que l’enlèvement des cinq Français au Niger. Depuis les attentats de 1995 à Paris, le dispositif français pour faire face à la menace terroriste est rôdé.
 
«Vigilance, prévention et protection», tel est le credo du plan Vigipirate, conçu en 1978, qui régit le degré des mesures de sécurité mises en place sur tout le pays afin de prévenir toute menace terroriste, mais également la manière d’y répondre. Quatre niveaux d’alerte existent selon le danger potentiel: jaune, orange, rouge et écarlate. «La création d’un code couleur pour les niveaux d’alerte (depuis les attentats du 11 septembre 2001, ndlr) a permis de rendre le dispositif très lisible, facilitant une réelle prise de conscience par la population», explique le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).


«La menace terroriste doit désormais être considérée comme permanente»

Cela va ainsi de la «menace diffuse» (jaune) au «risque imminent d’attentats majeurs» (écarlate) et, quelle que soit sa couleur, la France est constamment en état d’alerte. «La dernière version du plan, en vigueur depuis janvier 2007, est fondée sur le postulat que la menace terroriste doit désormais être considérée comme permanente», précise le SGDSN. Avant cette date, notamment pour la vague d'attentats de 1995, il n'y avait que deux niveaux d'alerte: «le simple» et le «renforcé», explique au SGDSN 20minutes.fr.
 
 
Depuis les attentats de Londres en 2005, le niveau d’alerte, décidé par le Premier ministre, n’a jamais cessé d’être au rouge, c’est-à-dire que le risque «d’un ou plusieurs attentats graves» est «avéré». Même si d’après Bernard Squarcini, le patron de l’antiterrorisme français, la «menace n’a jamais été aussi grande» qu'actuellement, le niveau écarlate n’a pas encore été atteint pour autant. Une série de «mesures graduées» peuvent en effet être ajoutées au niveau rouge «selon un rythme adapté à l’évolution de la situation nationale et internationale».
 
Des niveaux d’alerte renforcés

Pendant une période donnée, le niveau rouge peut être renforcé avec un dispositif de sécurisation (fouilles, messages de mise en garde, patrouille…) accru pour les zones sensibles: services de l’Etat, collectivités territoriales, gares, aéroports, sites touristiques, grands magasins, écoles, enceintes religieuses… Ce renforcement est effectif en France depuis le mois dernier et l'exécution de Michel Germaneau par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Le niveau rouge peut également être accompagné de l’«état d’urgence» (couvre-feu, restrictions de circulation, perquisitions…), comme lors des émeutes de novembre 2005.
 
La médiatisation régulière du niveau d’alerte fait elle partie de la «culture de sécurité» que s’attache à diffuser le plan Vigipirate. «Il repose sur un principe de responsabilité partagée, afin de maintenir une vigilance nécessaire de la part des acteurs concernés et de la population dans son ensemble», indique le SGDSN. «Depuis cinq ans que Vigipirate a viré de l'orange au rouge, nous sommes régulièrement obligés de faire des piqûres de rappel pour éviter les risques inhérents à une routine qui s'installe», conclut un haut fonctionnaire au Figaro.

«Vigipirate est avant tout un plan de vigilance, exercée à la fois par les services de l'Etat, par les opérateurs de la SNCF, par exemple, mais aussi par la population», explique la SGDSN à 20minutes.fr. D'où les messages de vigilance diffusés depuis des années dans le métro mais, reconnaît le fonctionnaire, il y a «un caractère d'usure». Les propos de Brice Hortefeux, dès lors, «ont un caractère de nouveauté».