la menace terroriste inquiète les autorités

Armelle Le Goff

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Une patrouille dans les rues de Paris, près de l'Arc de Triomphe, le 17 septembre.
Une patrouille dans les rues de Paris, près de l'Arc de Triomphe, le 17 septembre. — J. DEMARTHON / AFP

Le risque terroriste est monté d'un cran. Alerte à la bombe, enlèvements au Niger de sept collaborateurs d'Areva, fleuron de l'économie française, la menace qui plane sur l'Hexagone depuis des années s'est encore accrue la semaine passée. « Il y a un faisceau d'indices (...) qui fait que la menace est réellement renforcée », assurait jeudi le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, lors d'une visite à la tour Eiffel, évacuée mardi après une fausse alerte à la bombe.

Deux à trois attentats déjoués par an
Quelques jours plus tôt, Bernard Squarcini, le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), prévenait : « Il y a des raisons objectives d'être inquiets. » Dans la nuit de mercredi à jeudi, sept collaborateurs d'Areva étaient enlevés à leur domicile d'Arlit, dans une zone pourtant sécurisée. « En s'attaquant aux intérêts stratégiques de la France, Al-Qaida au Maghreb islamique [si son implication est confirmée] fait un saut qualitatif très dangereux », observait alors Mathieu Guidère, expert en terrorisme. Ce week-end, Bernard Squarcini renchérit et affirme au Monde : « La France est sous le coup d'une menace terroriste majeure. » « Nous avons un certain nombre d'élements, a confirmé hier Luc Chatel, porte-parole du gouvernement. Nous arrivons à porter des coups en évitant deux ou trois attentats par an (...), mais le risque zéro n'existe pas. » Même ailleurs en Europe. A Noël dernier, un jeune Nigérian, qui se dit proche d'Al-Qaida, tente de faire sauter un avion entre Amsterdam et Detroit, aux Etats-Unis. Hier, c'est un Britannique d'origine somalienne, soupçonné de terrorisme, qui a été interpellé à l'aéroport d'Amsterdam-Schipol.
Face à ce risque, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a dénoncé hier lors d'une cérémonie organisée aux Invalides par l'Association française des victimes du terrorisme, « le visage double du terrorisme : celui du mépris absolu de la vie humaine, mais aussi celui de son utilisation cynique face à des démocraties où précisément, la vie humaine a un prix ».

Port-Royal

Le dernier attentat perpétré sur le sol français remonte au 3 décembre 1996. Ce jour-là, peu après 18 h, à la station Port-Royal sur la ligne du RER B, à Paris, l'explosion d'une bombe placée dans une rame fait quatre morts et 170 blessés. A l'époque, le Groupe islamique armé (GIA) algérien est suspecté. Mais les auteurs n'ont jamais été identifiés. Un an plus tôt, une autre série d'attentats ou tentatives avait provoqué la mort de huit personnes et en avait blessées 146.