la justice fait la grève du zèle

VINCENT VANTIGHEM

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Dix-sept syndicats et associations appellent à la grève du zèle pour dénoncer le manque de moyens de la justice.
Dix-sept syndicats et associations appellent à la grève du zèle pour dénoncer le manque de moyens de la justice. — MEIGNEUX / SIPA

Cela fait longtemps que les magistrats connaissent les textes de loi. Mais ils ont attendu ce matin pour se décider à les appliquer à la lettre. En lançant une « grève du zèle » illimitée, dix-sept syndicats et associations de magistrats entendent dénoncer le manque de moyens de la justice. « Selon la loi, une audience ne peut excéder six heures ou ne peut se dérouler sans greffier, explique ainsi Laurent Bedouet, secrétaire général de l'Union syndicale des magistrats (USM). Nous appelons donc tous les magistrats à renvoyer systématiquement les affaires qui se dérouleraient dans ces conditions. » Greffiers, juges, personnels pénitentiaires : l'appel à la mobilisation est massif. « La première journée de grève ne sera pas spectaculaire, admet Laurent Bedouet. Mais de renvoi en renvoi, la Chancellerie comprendra peut-être qu'on manque de moyens… »

Depuis 2002, le budget a crû de 50 %
Elle l'a déjà compris en fait. « On sait très bien qu'il y avait un gros retard, concède Guillaume Didier, porte-parole de la Chancellerie. Mais nous avons commencé à le rattraper. Depuis 2002, le budget a augmenté de 50 % ! » Les juges, eux, ont du mal à s'en rendre compte (lire ci-dessous). Les réformes leur ont laissé l'impression d'avoir « plus de travail » et « moins de personnels ». « Les syndicats y ont toujours été opposés, regrette Guillaume Didier. Si on les avait écoutés, on aurait toujours une justice des années 1960. »

hortefeux

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s'est déclaré favorable, dans un entretien au Figaro Magazine, « à l'élection des juges de l'application des peines » et « des présidents de tribunal correctionnel ». Il propose aussi que les tribunaux correctionnels soient composés de jurys populaires.