Expulsions: Angela Merkel dément avoir parlé avec Nicolas Sarkozy des camps de Roms en Allemagne

ALLEMAGNE Le président français s'était prévalu du «soutien total» de la chancelière...

N. Be. avec AFP

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Angela Merkel et Nicolas Sarkozy le 16 septembre 2010, à Bruxelles.
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy le 16 septembre 2010, à Bruxelles. — AFP PHOTO / JOHN THYS

Y aurait-il de la friture sur la ligne Paris-Berlin? Jeudi soir, par la voix de son porte-parole, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré qu’elle n'avait pas parlé de camps de Roms en Allemagne avec Nicolas Sarkozy, «ni lors du Conseil européen, ni lors d'entretiens en marge».

Nicolas Sarkozy avait pourtant affirmé jeudi à Bruxelles que la chancelière allemande lui avait confié avoir elle aussi l'intention de procéder dans les prochaines semaines à «des évacuations de camps», une information qui avait aussitôt été démentie par des diplomates allemands.

Le président français s'était en outre prévalu à Bruxelles du «soutien complet, total et entier une fois encore d'Angela Merkel sur cette question comme sur tellement d'autres».

Berlin récuse toute «discrimination»

A Berlin, le porte-parole d’Angela Merkel a indiqué que «le gouvernement (allemand) soutient la France en ce qui concerne les critiques sur la forme et le ton des propos de la commissaire européenne (Viviane) Reding», qui a dressé un parallèle entre les expulsions de Roms et la déportation.

Mercredi, Berlin avait apporté son soutien à la Commission européenne sur la question des Roms, en rappelant que le droit de libre circulation au sein de l'Union européenne (UE) était «inconditionnel», et qu'«aucune discrimination n'est autorisée à l'encontre de minorités ethniques».

Un accord avec Pristina

Des Roms, essentiellement originaires du Kosovo, sont également renvoyés chez eux à partir de l'Allemagne. Toutefois, à la différence de la Roumanie et de la Bulgarie, pays vers lesquels Paris renvoie des Roms, le Kosovo ne fait pas partie de l'Union européenne, au sein de laquelle des règles spécifiques sur la libre circulation des citoyens sont prévues.

Berlin a signé au printemps un accord avec Pristina qui prévoit le retour d'environ 12.000 ressortissants des communautés rom, ashkali ou des Egyptiens du Kosovo en situation irrégulière.

Environ 55.000 Kosovars dont nombre de Roms vivent toujours en Allemagne. L'Allemagne, où les Roms sont généralement logés dans des appartements ou des foyers, ne connaît toutefois pas une situation comparable à celle de la France avec ses «camps» de Roms.

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