Pour survivre, les syndicats n'abdiquent pas

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Entre 7 et 8  % des salariés sont syndiqués.
Entre 7 et 8  % des salariés sont syndiqués. — HADJ / SIPA

« Rien n'est joué ! » Comme les autres syndicats, la FSU n'a pas rendu les armes, hier soir, après l'adoption en première lecture de la réforme des retraites à l'Assemblée nationale. Les syndicats ont donc relancé leur appel à la mobilisation pour le 23 septembre prochain. « Notre mobilisation est intacte sur les inégalités et les injustices de cette réforme », a ainsi expliqué François Chérèque, secrétaire général de la CFDT.

« Si cela ne débouche sur rien... »
Si la mobilisation des syndicats est « intacte », c'est pour deux raisons. La première, logique et idéologique, est le refus de laisser le gouvernement toucher à un acquis social. La seconde est beaucoup plus personnelle : les leaders syndicaux jouent aussi dans cette affaire leur propre survie. Avec 7 à 8 % de salariés syndiqués en France, « nous sommes au niveau le plus faible jamais enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale », explique Stéphane Sirot, historien du syndicalisme à l'université de Cergy-Pontoise. Le 7 septembre dernier, ils sont tout de même parvenus à réunir 2,7 millions de personnes dans les rues (1,1 million selon la police). « C'est un bon point pour eux, poursuit l'historien. Mais que vont-ils en faire ? Si cela ne débouche sur rien, la résignation s'installera de nouveau chez les salariés... »

Une marge de manœuvre réduite
Sauf que la marge de manœuvre des centrales est aujourd'hui extrêmement limitée. La mise en place du service minimum dans les transports ne leur permet plus de bloquer le pays comme ce fut le cas en 1995. « Les mouvements sociaux d'une journée ne nous font pas peur, enfonce même un ministre. Les syndicats doivent trouver autre chose pour nous faire plier. » Et retrouver, par la même occasion, de la crédibilité.Vincent Vantighem