Le remaniement, la dernière cartouche avant 2012

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Fadela Amara et Bernard Kouchner (à g.)à la sortie du Conseil des ministres, hier.
Fadela Amara et Bernard Kouchner (à g.)à la sortie du Conseil des ministres, hier. — HADJ / SIPA

« Quelle connerie d'avoir annoncé ce remaniement trois mois à l'avance ! peste un ministre d'ouverture. Et maintenant, le roi le retarde de jour en jour… » Prévu à l'origine mi-octobre, le grand chamboule-tout gouvernemental ne pourrait finalement intervenir qu'au mois de novembre. Malgré l'insistance de sa majorité à agir vite, Nicolas Sarkozy patiente. Tout simplement parce qu'il ne veut pas gâcher l'une de ses dernières cartouches s'il veut faire mouche en 2012.

Des poids lourds à tous les étages
Le chef de l'Etat avait annoncé, dès le mois de mars, qu'il attendrait l'adoption de la réforme des retraites pour mettre en place son nouveau dispositif. Après un gouvernement élargi prompt à enquiller les réformes, la nouvelle équipe sera très « politique » et « resserrée », à en croire un cadre de l'UMP.
C'est que le Président ne pourra rejouer le coup de la « rupture ». En 2012, il devra d'abord défendre un bilan pourri par la crise. Il compte donc placer des poids lourds à tous les étages. Dans les ministères bien sûr, mais aussi dans sa garde rapprochée à l'Elysée et à la tête du parti. Résultat : si le Président patiente, ses proches s'agitent. « Ça ne sert à rien, s'amuse un ministre sarkozyste. On ne découvrira le truc qu'au dernier moment. Et de toute façon, on n'aura pas le choix. »V. V.