La Fac attire plus d'étudiants mais reste plombée par l'échec

Education Valérie Pécresse a salué lundi un regain d'inscriptions à l'université...

Delphine Bancaud
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Un amphithéâtre de la Sorbonne, en 2007.
Un amphithéâtre de la Sorbonne, en 2007. — STEVENS FREDERIC/SIPA

Plus question de faire passer la fac pour un pis-aller. « L’université est un choix de cœur, plus qu’un choix par défaut » a martelé hier, la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, lors de sa conférence de presse de rentrée. La preuve selon elle : malgré la baisse du nombre de bacheliers, ils ont été 13 % de plus cette année à demander une licence universitaire en premier vœu sur le site www.admissions-Post-bac.

Et les prévisions d’inscriptions dans les universités sont en hausse de 1,6 % par rapport à l’an dernier. Un « regain d’attractivité » du surtout selon la ministre, à l’autonomie des universités, mis en œuvre en janvier 2009, qui aurait eu « des répercussions sur leur image ». Car depuis cette réforme, les facs peuvent désormais gérer leur masse salariale en interne, collecter des fonds privés, recruter plus de profs « stars », tisser des liens plus étroits avec les entreprises, créer davantage de bi-licences…

Une véritable révolution. Ce regain d’intérêt pour la fac s’expliquerait aussi, selon la sociologue de l’éducation, Marie Duru-Bella « par un effort de professionnalisation des universités depuis une dizaine d’années, qui répondent de mieux en mieux aux attentes des entreprises ». Elles auront d’ailleurs bientôt l’obligation de présenter des enquêtes d’insertion professionnelle, filière par filière.

Des défis à relever

Mais si les facs marquent des points auprès des étudiants cette année, la partie est loin d’être gagnée pour faire jeu égal avec les grandes écoles. Car près de 40 % des étudiants s’inscrivant à l’université, en sortiraient sans licence en poche. Un taux d’échec, qui s’expliquerait selon Jean-Baptiste Prévost, président de l’Unef, encore et toujours par le manque de moyens « Exemple : le plan « réussir en licence », ne s’est pas accompagné de créations de postes. Difficile dans ce contexte d’aider efficacement les étudiants en difficulté ».