Fuites dans l'affaire Bettencourt: «Le Monde» va porter plainte contre X

JUSTICE Il accuse l'Elysée d'avoir violé le secret des sources...

C. F.

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Un tribunal de Barcelone a condamné le journal français Le Monde et un de ses journalistes à verser 300.000 euros de dommages et intérêts au FC Barcelone pour un article jugé diffamatoire qui évoquait des pratiques de dopage au sein du club de football catalan.
Un tribunal de Barcelone a condamné le journal français Le Monde et un de ses journalistes à verser 300.000 euros de dommages et intérêts au FC Barcelone pour un article jugé diffamatoire qui évoquait des pratiques de dopage au sein du club de football catalan. — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

Le Monde a décidé de déposer une plainte contre X pour violation du secret des sources dans l'affaire Bettencourt, indique-t-il en une de son site et de son édition datée de mardi.

Afin d'identifier la source d'informations parues dans le quotidien du soir sur l'affaire Woerth-Bettencourt, l'Elysée a eu recours, courant juillet, à des procédés qui enfreignent directement la loi sur la protection du secret des sources des journalistes, précise Le Monde.

Le conseiller pénal de MAM

Ce sont des informations parues les 18-19 juillet dans un article évoquant notamment l'audition de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de la milliardaire,  et titré «Le principal collaborateur de Liliane Bettencourt met Eric Woerth en difficulté» qui auraient irrité l'Elysée, selon le quotidien. 

«Les service du contre-espionnage ont été utilisés pour rechercher l'informateur d'un de nos reporters», explique Le Monde, précisant que les services de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) auraient été mis à contribution hors procédure judiciaire et auraient cherché à cerner le profil de la source potentielle, qui pouvait avoir accès aux procès-verbaux des auditions. Ils se sont arrêtés sur David Sénat, conseiller pénal de la garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie.

Expertises de son téléphone

Or, ce dernier a récemment a été évincé du ministère de la Justice et est désormais chargé d'une «mission de préfiguration» de la cour d'appel de Cayenne, en Guyane.

Toujours selon Le Monde, son téléphone administratif avait «fait l'objet de discrètes expertises techniques». Le nom du journaliste auteur dudit article, Gérard Davet, était lors apparu sur le listing remis par un opérateur téléphonique à la DCRI, qui a ensuite transmis ses conclusions à l'Elysée courant juillet. 

«Cette affaire est grave»

La loi relative à la protection du secret des sources des journalistes prévoit que «le fait de chercher à découvrir les sources d'un journaliste au moyen d'investigations portant sur toute personne qui, en raison de ses relations habituelles avec un journaliste, peut détenir des renseignements permettant d'identifier ces sources est considéré comme une atteinte indirecte au secret des sources», rappelle Le Monde. Une atteinte qui n'est justifiée que «si un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie, et si les mesures envisagées sont strictement nécessaires et proportionnées au but légitime poursuivi», précise la loi.

Vendredi, un responsable policier assurait au Nouvel Observateur: «Cette affaire est grave. Quand on balance des PV, on peut aussi balancer des secrets d’Etat.»