Deux policiers municipaux frappés puis renversés à Beauvais

FAIT DIVERS Un homme a foncé sur eux avec une voiture...

avec AFP

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Deux policiers municipaux ont été frappés puis blessés par un homme qui a foncé sur eux avec sa voiture lors d'une intervention mouvementée samedi soir à Beauvais.

Le suspect a été interpellé et placé en garde-à-vue. Il était toujours entendu dimanche à la mi-journée au commissariat de Beauvais.

Menaces

L'incident s'est produit lorsqu'une patrouille de la police municipale, appelée par des riverains, est intervenue dans la cité Guynemer pour un «jeu de ballons» bruyant dans la rue.

Plusieurs personnes ont alors invectivé, menacé de mort puis frappé les fonctionnaires, selon Matthieu Volant, délégué régional du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM, majoritaire), arrivé sur place quelques minutes après les faits.

Hospitalisé

Un individu s’est ensuite mis au volant d'une grosse cylindrée avant de foncer à vive allure sur les policiers. Le premier policier, projeté dans le pare-brise de la voiture, a été grièvement touché à la tête, et le second au bras.

«Quand on arrive, on a deux agents à terre, dont l'un saigne abondamment du nez et un autre qui fait un malaise. Le premier est toujours hospitalisé pour un traumatisme crânien, plus important que prévu», a-t-il expliqué.

Menaces

Le maire de Beauvais, Caroline Cayeux, s'est rendu dimanche au chevet du policier hospitalisé.

Les agents municipaux arrivés en renfort ont prodigué les premiers soins à leurs collègues en attendant les pompiers «sous la menace d'une cinquantaine de personnes, dont des femmes et des enfants, dans une ambiance belliqueuse», a par ailleurs indiqué le délégué syndical.

«Ça patine» 

Le SNPM a dénoncé l'incident et de nouveau réclamé des moyens supplémentaires pour les agents municipaux.

Après la mort de la policière municipale Aurélie Fouquet, tuée le 20 mai lors de la fusillade de l'A4, «le ministre de l'Intérieur (Brice Hortefeux, ndlr) ne voulait pas que ça patine, mais ça patine», a déclaré à l'AFP Frédéric Foncel, vice-président du syndicat.

«Qu'on arrête de nous envoyer sur des missions dangereuses quand on est sous-équipés, que ce soit en liaisons radio, en armement ou en riposte», a-t-il ajouté.

«On dirait qu'ils ont oublié la mort d'Aurélie»

«On n'a jamais passé un été comme ça, on n'a jamais eu autant de fonctionnaires blessés. Or le Sénat vient de nous refuser un accès au fichier des personnes recherchées», dans le cadre de l'examen du projet de loi sur la sécurité, Loppsi 2, adopté vendredi.

«On dirait qu'ils ont oublié la mort d'Aurélie. Les collègues sont écoeurés», a encore affirmé Frédéric Foncel.