Joggeuse retrouvée morte: le suspect n'avait purgé que la moitié de sa condamnation précédente

JUSTICE L'homme avait été condamné à 10 ans de prison pour viol sous la menace d'une arme, les parents de la victime sont «verts de rage»...

Julien Ménielle et Olivier Aballain, à Lille

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L’homme qui a reconnu avoir tué et tenté de violer Natacha, la joggeuse retrouvée morte dans une forêt du Nord avait déjà été condamné pour des faits similaires. Et, selon le parquet de Nanterre, contacté par 20 Minutes, il avait effectué la peine minimum exigée avant de pouvoir prétendre à une libération conditionnelle.

Le suspect, né en 1971 à Béthune, a été placé en préventive en mai 2004 pour le viol sous la menace d’une arme d’une joggeuse dans le département des Hauts-de-Seine. Condamné à 10 ans de prison en février 2006, il a été libéré en septembre 2009, après cinq ans et 4 mois de détention.

Minimum légal

Il s’agit, à quatre mois près, du minimum exigé par l’article 729 du code de procédure pénale. Le texte prévoit en effet que «la libération conditionnelle peut être accordée lorsque la durée de la peine accomplie par le condamné est au moins égale à la durée de la peine lui restant à subir.»

Depuis sa libération, le suspect travaillait pour «une association lilloise», sur une antenne située à Wattrelos, selon nos informations. Cette antenne se situe à quelques kilomètres du lieu supposé de l’agression.

Les parents de la victime «pas en état de comprendre»

Les parents de Natacha sont «verts de rage», selon leur avocat, contacté par 20 Minutes. «Ils ne sont pas en état de comprendre que ça marche dans 90% des dossiers», indique maître Emmanuel Riglaire au sujet de la liberté conditionnelle dont a bénéficié le suspect.

«Ce Monsieur remet en cause tout un système», regrette l'avocat. Emmanuel Riglaire estime cependant qu«il faudra examiner les rapports des psychiatres car c’est là quelqu’un dont on a visiblement sous-estimé le danger». Idem pour «les procès verbaux de son suivi socio-judiciaire». Il note en effet que, d'après «les rumeurs», sa première victime avait «exactement le même profil» que Natacha.

«On a probablement évité d'autres agressions»

Le procureur de la République de Lille a indiqué ce mardi que le suspect a respecté «toutes ses obligations» depuis sa libération. Celui-ci était soumis à un suivi socio-psychologique renforcé, et devait notamment consulter un psychiatre régulièrement. La dernière fois que le suspect a vu un médecin remonte cependant au courant du mois de juillet 2010, selon le procureur.

«C'est la limite de l'action du juge en matière d'infraction sexuelle», a estimé le procureur. «On a probablement évité d'autres agressions», a-t-il annoncé, se félicitant de l'interpellation rapide du suspect. Ce dernier aurait en effet été repéré par un témoin alors qu'il rodait dans la zone de l'agression «depuis au moins 3 semaines».