La police à la recherche des «petits papiers» de Liliane Bettencourt

JUSTICE Sur ces petits mots, Patrice de Maistre et François-Marie Banier auraient inscrits des phrases à apprendre par coeur par la milliardaire...

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Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, arrive à l'église Saint-Louis-en-l'Ile à Paris, le 6 juillet 2007.
Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, arrive à l'église Saint-Louis-en-l'Ile à Paris, le 6 juillet 2007. — AFP PHOTO PATRICK KOVARIK

«Laissez parler les petits papiers»... Les enquêteurs de la brigade financière de Paris aimeraient bien trouver et faire parler «les petits papiers» qui auraient été rédigés par l’entourage de Liliane Bettencourt pour accentuer leur emprise sur la riche héritière, selon une source judiciaire citée par Le Monde. Cette recherche serait notamment l’objet de la perquisition menée ce mercredi au domicile de l’héritière de L’Oréal, ordonnée par la juge Prévost-Deprez dans le cadre d’une commission rogatoire. La magistrate est chargée de juger l'artiste François-Marie Banier pour abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt. Ces messages écrits avaient déjà été évoqués par l’ex-comptable de la milliardaire, Claire Thibout, mais c’est surtout l’audition de l’ancienne femme de chambre de Liliane Bettencourt par la juge, le 23 juillet dernier et par les policiers, mardi, qui aurait accéléré le processus.

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Selon Le Monde daté de jeudi, Dominique Gaspard aurait révélé aux policiers l’endroit précis où se trouvaient les petits papiers que les enquêteurs croyaient détruits. L’ancienne employée aurait précisé que ces mots, tapés à la machine et sur lesquels étaient inscrits «tutelle» ou «curatelle», étaient disposés un peu partout au domicile de la milliardaire, dans le but de la «terroriser en lui faisant croire que sa fille voulait la priver de sa liberté et lui prendre son argent». Toujours d’après la femme de chambre, François-Marie Banier, Patrice de Maistre et un garde du corps lui faisaient apprendre par coeur des messages un peu plus longs avant des rendez-vous importants.

Dominique Gaspard a notamment évoqué une scène qui s’est déroulée en 2008, quinze jours avant que Liliane Bettencourt ne rencontre le chef de l’Etat pour lui parler de son combat judiciaire contre sa fille. Patrice de Maistre, son conseiller, lui a fait réciter un texte par coeur, raconte la femme de chambre, citée par le quotidien du soir: «Mme Bettencourt a appris ce qu'elle a dit au président de la République quand elle est allée le voir. Je l'ai appris avec elle, et le texte disait: "Je vous ai soutenu pour votre élection avec plaisir, je continuerai à vous aider personnellement, j'ai des problèmes graves avec ma fille qui peuvent avoir des conséquences pour L'Oréal donc pour l'économie du pays.»

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L’ancienne employée n’a pas précisé quelle forme pouvait prendre l’«aide personnelle» pour Nicolas Sarkozy. En septembre 2009, le procureur Courroye classait sans suite l’affaire. La perquisition de la police visait aussi à vérifier «si certaines oeuvres d'art n'auraient pas quitté le domicile de Mme Bettencourt pour celui de M. Banier», assure Le Monde. L’opération, qui s’est achevée sur les coups de 17h, a provoqué la colère de la milliardaire, qui s’est dite, via un communiqué, «outrée».