En avion, les adultes doivent être éloignés des enfants

TRANSPORTS Selon la nouvelle réglementation d'Air France...

J.R. avec AFP

— 

Un avion de la compagnie Air France à l'aéroport d'Orly, à Paris, en avril 2010.
Un avion de la compagnie Air France à l'aéroport d'Orly, à Paris, en avril 2010. — CHAUVEAU/SIPA

Il y a un vent de paranoïa dans les airs. Pour éviter d'éventuelles accusations d'attouchements sexuels sur des mineurs non accompagnés à bord de ses avions, la compagnie Air France a décidé de les faire voyager sans adulte à proximité immédiate.

Cette directive figure dans le nouveau manuel de sécurité et de sauvetage des personnels navigants commerciaux édité en février, à la suite de plaintes de parents sur des vols vers les Etats-Unis.

Selon Jean-Marc Quattrochi, délégué syndical à l’Unac, un des syndicats des hôtesses et stewarts, «la nouvelle réglementation concernant les enfants non-accompagnés stipule qu’il ne doit pas y avoir de passager adulte sur le même bloc siège, sauf en cas de cabine complète». Un adulte serait en revanche nécessaire «sur le bloc siège adjacent» notamment «le siège situé de l’autre côté de l’allée».

Remise en cause de la sécurité

De leur côté, les syndicats haussent le ton, dénonçant des précautions insuffisantes et des directives remettant en cause la sécurité des enfants.

«Cela va à l'encontre de la sécurité des vols et des enfants, s’exclame Guillaume Pollard, délégué du syndicat de pilotes minoritaires Alter. Comment un passager assis de l'autre côté pourrait-il venir en aide à un enfant assis côté hublot?» Et de donner un exemple précis: «En cas de dépressurisation d'urgence, l'adulte devra rester assis et attaché et je ne vois pas comment il pourrait mettre le masque sur l'enfant assis de l'autre côté.»

Des attouchements fréquents?

Plusieurs personnels navigants ont toutefois pris la défense de leur entreprise, sous couvert d’anonymat. «Pour le service juridique d'Air France, les probabilités d'attouchements sexuels sont plus élevées que celles de dépressurisation d'urgence», ont déclaré certains d’entre eux.

Contacté par l'AFP, Air France n'était pas en mesure immédiatement d'indiquer le nombre de plaintes éventuelles pour attouchements sexuels sur enfants mineurs non accompagnés.