Aix-en-Provence: le calvaire de William Modolo devant les assises

JUSTICE Six accusés comparaissent à partir de ce lundi...

C. F. avec AFP

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Environ 300 personnes participent à une marche blanche, le 22 mai 2010 à  Peypin (Bouches-du-Rhône) en hommage à William Modolo, assassiné près d'Aix-en-Provence en mai 2006.
Environ 300 personnes participent à une marche blanche, le 22 mai 2010 à Peypin (Bouches-du-Rhône) en hommage à William Modolo, assassiné près d'Aix-en-Provence en mai 2006. — AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Son corps avait été retrouvé dénudé et atrocement mutilé sur la commune de Saint-Cannat, près d'Aix-en-Provence. Six personnes accusées d'avoir participé à la mise à mort de William Modolo, 21 ans, dans des circonstances particulièrement barbares, comparaissent à partir de ce lundi et jusqu'au 10 septembre devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.

Les faits remontent au 22 mai 2006. La police municipale de Saint-Cannat découvre le corps d'un jeune homme, abandonné dans un sous-bois. Le jour même, Barbara Jean-Louis, 28 ans, se présente à la brigade de gendarmerie de Gardanne (Bouches-du-Rhône) pour dire qu'elle a été témoin du meurtre. Ses déclarations conduisent à l'arrestation de cinq autres personnes: Arnaud Frapech, 30 ans, Franck Julien, 39 ans, Jean-Pierre Planqueel, 32 ans, Aurélie Piteux, 24 ans, et Lucien Boursier, 57 ans.

Sans domicile fixe

Complètement désocialisés, voire sans domicile fixe ou en rupture complète avec leur milieu familial, les accusés, les deux jeunes femmes mises à part, étaient de très importants consommateurs de drogue (cocaïne et cannabis, notamment) et d'alcool.

L'enquête va démontrer que ce petit groupe, vraisemblablement sous l'influence de Planqueel (le seul à être accusé d'assassinat, les autres étant mis en cause pour complicité), avait décidé de s'acharner sur la victime, un jeune homme complexé par sa forte corpulence et à la recherche d'affection et d'amitié. En mars 2006, il avait rencontré ce groupe installé dans une caravane à l’extérieur de la commune d’Aix-en-Provence.

Pour des motifs futiles (le vol d'un saucisson), William Modolo a commencé à être torturé le 17 mai par une partie du groupe. Son calvaire s'est poursuivi toute la journée du 18, jusqu'à sa mise à mort votée dans la soirée par les membres de la bande et exécutée à coups de pierre.

12 dents arrachées

L'autopsie révèle que William Modolo a été violé, blessé à plusieurs reprises par un instrument «piquant ou tranchant», tabassé avec différents objets, que sa peau a été brûlée à plusieurs endroits et que 12 de ses dents ont été arrachées.

«Cette affaire n'a pas de nom. Ce qu'ils lui ont fait, c'est abject», a déclaré à l'AFP Monique Touitou, avocate de la famille Modolo. Les accusés, selon elle, «ont fait assaut d'imagination dans l'horreur» et la victime n'était pour eux «plus un être humain : c'était une chose.»

«Indifférence générale»

Selon les éléments recueillis par les enquêteurs au cours de l'instruction, les différents protagonistes n'ont pas véritablement pris la mesure de ce qu'ils ont fait. Planqueel et Julien, les deux hommes qui se sont a priori montrés les plus violents avec William Modolo, mettent d'ailleurs leur comportement sur le compte de leur toxicomanie et de leur alcoolisme.

«Le mobile, ils ne l'ont jamais donné», note Monique Touitou, dont les clients, «anéantis», attendent du procès qu'il délivre «évidemment des sanctions» mais aussi qu'il permette de parler de cette affaire et que «leur fils ne soit pas mort dans l'indifférence générale».