Les nouveaux profs passent l'examen de rentrée

EDUCATION La réforme de la formation des enseignants est mise en place ces prochains jours...

Delphine Bancaud
— 
La rentrée scolaire à Nice, le 5 septembre 2009, au lycée Massena.
La rentrée scolaire à Nice, le 5 septembre 2009, au lycée Massena. — BEBERT BRUNO/SIPA

Jeudi matin, Lucile Ritzenthaler, 25 ans, titulaire du Capes en sciences de la vie et de la terre depuis juin, fera sa première rentrée au collège Pissaro de La Varenne-Saint-Hilaire (Val-de-Marne). «Je n'ai jamais enseigné devant une classe. Ce sera donc un saut dans l'inconnu», confie la jeune femme, qui sera épaulée les premiers temps, par un prof qui fera office de tuteur.

Comme elle –réforme de la formation des enseignants oblige– 8.300 professeurs stagiaires, recrutés à bac + 4 (au lieu de bac + 3), exerceront à plein-temps en collèges et lycées dès la première année (soit de quinze à dix-huit heures de cours par semaine). Or antérieurement, un prof stagiaire du second degré n'assurait que huit heures de cours par semaine et poursuivait sa formation à l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM). Un système qui lui permettait d'apprendre son métier progressivement.

Des tuteurs en nombre insuffisant

A partir de cette rentrée, les profs débutants seront plus vite dans le bain. Sans avoir jamais donné le moindre cours, ils devront affronter une classe d'une trentaine d'élèves. Ils passeront aussi plus de temps sur le terrain qu'en formation. Une nouvelle donne qui suscite l'ire des syndicats enseignants, le Snes-FSU déplorant que les temps de formation des jeunes profs soient «deux fois moins importants qu'auparavant».

Pour compenser, les nouveaux profs seront épaulés par un enseignant plus aguerri, pendant les premiers mois de l'année scolaire. Un point rassurant pour Lucile Ritzenthaler: «Même si mon tuteur –un prof de biologie– ne sera pas à mes côtés tout le temps, il pourra me conseiller et j'aurais aussi la possibilité de l'observer dans sa classe.»

Problème: des tuteurs manqueraient à l'appel dans certaines académies, selon le Snes. Autre inquiétude pour le syndicat : lorsqu'ils partiront en formation à l'IUFM, les profs stagiaires seront remplacés. «Une valse de personnels» qui, pour le Snes, risque de troubler l'apprentissage des élèves.

Affectations

Autre sujet qui fâche: l'affectation des profs stagiaires. Selon le Snes, le nouveau système tient «peu compte des situations familiales».

Résultat: des stagiaires seraient souvent envoyés dans des établissements loin de leur domicile. Le taux de satisfaction des premiers vœux d'affectation aurait ainsi chuté de cinq points, selon le syndicat. Par ailleurs, les affectations étant connues tardivement, les profs stagiaires auraient souvent peu de temps pour déménager.