Ils découvrent la mort de leur fils en assistant à l'enterrement d'un proche

FAIT-DIVERS Il était enterré au carré des indigents depuis un mois sans que sa famille n'ait été prévenue...

C.C. avec AFP

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P.HUGUEN / AFP

Une découverte macabre. Les parents d'un homme de 42 ans ont appris par hasard qu'il était mort et enterré au carré des indigents (la «fosse commune») au cimetière d'Hellemmes (Nord) mercredi alors qu'ils venaient d'assister aux obsèques d'un autre membre de la famille, a indiqué la mairie d’Hellemmes ce vendredi, confirmant une information de La Voix du Nord.

Une cousine tombe par hasard sur sa tombe

La famille s’apprêtait à quitter le cimetière lorsqu’une cousine de 20 ans s’est arrêtée au carré des indigents, demandant à son père de quoi il s’agissait. Ce dernier lui a expliqué et lui a montré une tombe toute neuve, sans doute celle d’un décès récent. Intriguée, la jeune femme s’est rendue sur la tombe et a découvert le nom d’Olivier Langlet, tout comme celui de son cousin.

«Si on n’était pas passé par là et que ma fille ne m’avait pas demandé ce dont il s’agissait, personne n’aurait su qu’il était décédé», a indiqué l’oncle du défunt à La Voix du Nord. Au départ, ses proches ont cru à une homonymie, mais après quelques recherches effectuées dans les heures qui ont suivi auprès de la mairie d’Hellemmes, ils se sont rendus à l’évidence. Ils ont appris qu’Olivier Langlet était décédé de mort naturelle le 5 juillet dernier à l'âge de 42 ans. Il a été enterré le 18 juillet.

«Quand on veut trouver quelqu'un, on le trouve»

«Deux jours avant l'enterrement de son oncle, je lui avais laissé un message sur son portable et une carte à la porte de son immeuble», a déclaré Josiane Vermeersch, la mère du défunt, à La Voix du Nord. Elle s'étonne de ne pas avoir été prévenue du décès. «C'est inadmissible et horrible. Quand on veut trouver quelqu'un, on le trouve», a déclaré au quotidien Elie Langlet, père du quadragénaire.

Selon Frédéric Marchand, premier adjoint au maire d'Hellemmes, il revient à la police de trouver les membres de la famille d'une personne décédée. Les services de l'état civil ont été en mesure de signaler que ses parents n'étaient pas décédés, mais l'adresse des parents n'était plus valable.

Une action en justice à venir

«Ma mère vit depuis plus de vingt ans dans la même commune», s’est pourtant exclamé Christophe Langlet, le frère du défunt, à La Voix du Nord. «C’est leur rôle (à la police, ndr) de pousser les investigations au plus loin et cela n’a pas été fait», a-t-il ajouté. «Cela semble invraisemblable qu'en 2010, avec tous les moyens dont disposent les services de police, on soit incapable de retrouver» les parents d'une personne décédée, a renchéri Frédéric Marchand.

Touché par cette «grande injustice et surtout une douleur démultipliée», Christophe Langlet a indiqué au quotidien que sa famille allait «mener une action en justice» et offrir à son frère une «inhumation plus digne». Selon Frédéric Marchand, le corps va être exhumé puis incinéré avant que les cendres soient répandues dans le jardin du souvenir à Hellemmes. Ces frais seront pris en charge par la mairie.