Des Roms évacués à Montreuil

POLICE L'adjointe au maire, qui n'a pas de solution de relogement, dénonce l'expulsion...

M.P. avec AFP

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AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

Les Roms sont plus que jamais dans le viseur des forces de l’ordre. Soixante-dix d’entre eux, dont vingt enfants, ont été évacués samedi matin d’un bâtiment du Haut Montreuil (Seine-Saint-Denis) qu’ils occupaient depuis la veille, bâtiment inoccupé depuis plusieurs années.

«La police est arrivée très tôt et nous a évacués; elle a interpellé tous les hommes présents ainsi que deux personnes venues en soutien», a expliqué Noria Bel, militante de l'association RESF (Réseau éducation sans frontières), présente sur place. «Les familles ont décidé de se rassembler devant la mairie afin de demander la libération de tous les hommes», a-t-elle ajouté.

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Seize hommes du groupe ont été placés en garde à vue dans la matinée, tandis que les femmes et les enfants manifestaient leur colère devant la mairie de Montreuil. Ils ont été libérés vers16h30.

«Cette expulsion n'est même pas légale (...), la procédure aurait dû suivre son cours juridique», a protesté, sous couvert d'anonymat, une déléguée syndicale des agents municipaux de Montreuil. Un peu plus tôt, Fabienne Vansteenkiste, adjointe (Verte) à la mairie, a dénoncé «cette nouvelle expulsion (qui), une fois de plus, se fait sans offrir de solution et laisse la municipalité devant les problèmes qui en résultent». Et l'élue d'ajouter: «Le comportement du préfet est irresponsable et oblige la mairie à se substituer aux services de l'Etat», a-t-elle ajouté, précisant que la mairie allait reloger provisoirement les expulsés dans un gymnase.

Politique gouvernementale

Cette expulsion intervient alors que Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, a promis fin juillet de démanteler dans les trois mois la moitié des camps illégaux de Roms et de gens du voyages, estimés à 300. En quinze jour, une quarantaine de campements Roms ont été démantelés, a annoncé le gouvernement cette semaine.

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