Vendredi 13: Pourquoi est-il considéré comme un jour de chance ou de malchance?

Anaïs Machard
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Une femme remplit une grille d'Euro Millions à Bayonne, le 12 février 2010.
Une femme remplit une grille d'Euro Millions à Bayonne, le 12 février 2010. — AP Photo/Bob Edme

Il fait peur ou envie. Le vendredi 13 ne laisse pas indifférent. Il a même  sa phobie, la paraskevidékatriaphobie. Il y a entre un et trois par an (un  seul cette année). Mais au fait, pourquoi tant d’honneurs? Le vendredi 13 est l’amalgame de deux superstitions: celle du vendredi, et celle du 13. Les  deux ensemble annulent l’effet guignard, et ce jour se retrouve alors sous le  signe de la chance.

Des origines bibliques et nordiques

Et pourtant, dans l’histoire, le vendredi 13 rappelle rarement de grands bonheurs.  La superstition aurait des origines bibliques. En effet, lors  du dernier repas du Christ, la tablée, Jésus compris, était de 13. Il fut  ensuite crucifié le vendredi.

Selon la mythologie nordique, Odin le dieu des guerriers avait réuni onze amis  dieux pour un diner. Loki dieu de la guerre et du mal, vexé de ne pas être invité,  se convia lui-même à la fête malgré tout. N’étant pas le bienvenu, une  bataille éclata et ce fut Balder, dieu «bien aimé» qui en fit les frais, recevant  une fléchette empoisonnée dans le cœur. Depuis cette légende, le chiffre 13  porte malheur dans les pays scandinaves.

Chez les Grecs et les Romains, le 12 est le nombre de perfection. Par conséquence on  retrouve 12 dieux olympiens, 12 travaux d’Hercule, 12 constellations, 12 signes  du zodiaque, 12 heures par jour et par nuit, 12 lunes dans l’année… Le 13  détruit cet équilibre et provoque alors le désordre. Quand au vendredi, c’est ce  jour là que les exécutions avaient lieu dans la Rome antique.

Et dans les autres pays?

En Espagne, Grèce et dans les pays d’Amérique latine, ce n’est pas le  vendredi mais le mardi 13 qui est craint. Le deuxième jour de la semaine, en rapport avec Mars, rappelle le dieu de  la guerre, signe de destruction et violence. En Italie, c’est le nombre 17 qui porte malheur: XVII en chiffres romains,  c’est l’anagramme de VIXI, qui signifie en latin «j’ai vécu», et donc «je suis  mort».

En Asie, c’est le chiffre 4 qui leur fait horreur. Et pour cause, le mot se prononce «shi», même prononciation que le mot qui veut dire «mort», tant  en mandarin qu’en cantonais et japonais. Paradoxalement à nos croyances occidentales, le nombre 13, pour les chinois est associé  à la vie.