Le ramadan, «on le laisse venir et on le vit pleinement»

RELIGION Des musulmans racontent à 20minutes.fr comment ils appréhendent le mois de jeûne à venir...

Corentin Chauvel

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V.DAMOURETTE / SIPA

Alors que le ramadan est annoncé pour mercredi ou jeudi, les musulmans qui le pratiquent sont déjà prêts à affronter ce long mois de jeûne qui symbolise à la fois un retour sur soi-même et une invitation à se retrouver en famille. Pour les pratiquants contactés par 20minutes.fr, le seul ennui cette année, c’est qu’il tombe en plein mois d’août.

En effet, les journées sont plus longues et le climat plus chaud. Pas vraiment l’idéal sachant qu’outre l’interdiction de manger, il n’est également pas permis de boire. «Par chance je suis à Paris, le climat frais est avec nous», s’amuse Jamal, 33 ans. Bilal, 30 ans, préfère relativiser: «Je me dis qu’il y a des gens qui font le ramadan en plein désert, il faut s’adapter, chaque saison a ses difficultés».

«C’est sûr que si on me cale une réunion à 18h30, je pleure!»

Pour Raby, 23 ans, la période actuelle de vacances n’est pas non plus la bienvenue: «On ne peut plus vraiment voyager ou sortir». L’étudiant s’apprête donc à rester un maximum de temps chez lui. «Je vais essayer de ne pas trop me fatiguer, de me focaliser sur la religion et d’aller à la mosquée», ajoute-t-il.

Pour ceux qui travaillent, ce n’est pourtant pas moins compliqué. «C’est toujours la grande inconnue. Je préfère travailler très tôt le matin et partir pas trop tard afin de préparer la table et me reposer un peu. C’est sûr que si on me cale une réunion à 18h30, je pleure!», raconte Jamal. Cadre dans une banque, Bilal a «essayé de caler ses réunions avant le mois du ramadan». Autrement, «on fait avec».

«J’y crois dur comme fer, y a moyen de gagner des points pour aller au paradis»

Pour le reste, «la préparation au ramadan consiste pour moi à remplir le frigo afin d’éviter de faire trop souvent les courses. Ne nous mentons pas, le soir après avoir mangé, on est KO!», explique Jamal. Raby, qui s’apprête à passer le ramadan sans sa famille, se contentera lui de peu, «pâtes et sauce tomate». «Quand c’est en famille, c’est différent, ma mère prépare de gros repas, on reçoit les proches et on fait les choses en grand. C’est à celui qui aura la plus grande tablée!», ajoute le jeune homme.

Au final, malgré les privations, qui vont au-delà de l’alimentation, les musulmans abordent le ramadan avec une certaine ferveur. «J’ai dépassé le stade du stress. Maintenant, je l’attends avec impatience pour ses vertus et j’y crois dur comme fer, y a moyen de gagner des points pour aller au paradis», clame Raby.

«On le laisse venir et on le vit pleinement»

Un enthousiasme partagé par Bilal et Jamal. «C’est un mois difficile, mais il ne se limite pas au simple fait de ne pas manger, c’est aussi un mois de fête, de partage, de rapprochement avec la famille et les amis», rappelle le cadre. «Je me dis que le ramadan, on ne le prépare pas vraiment, on le laisse venir et on le vit pleinement. Cela parait dur mais en fait, c’est super enrichissant ne serait-ce que sur le rapport qu’on a à la nourriture», exprime pour sa part Jamal.

Et Raby de rassurer: «Le plus dur, c’est la première semaine, le temps que le corps s’habitue, mais il faut essayer de jouer le jeu, ce n’est pas insurmontable». «C’est un acte volontaire, entre toi et ta foi, que tu fais pour toi-même et pas pour les autres», plaide enfin Bilal qui précise que le ramadan permet aussi de «ne pas oublier qu’on est privilégié».