Retour sur une affaire criminelle (4/5): Kamel Mouzaoui, comme dans «Les Experts» Maisons-Alfort

JUSTICE Le jeune homme a tué son ex-petite amie en s'inspirant de deux épisodes de la série policière américaine...

Julien Ménielle

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Tout l'été, 20minutes.fr vous propose de revivre une grande affaire criminelle qui a marqué l'histoire judiciaire de ces dernières années.

Août 2008. Dans la moiteur de l'été finissant, la police toque à la porte de Marine, 22 ans, qui n'a plus donné de nouvelles à ses proches depuis la veille. Une histoire banale. Ce que les policiers découvrent dans ce petit studio de Maisons-Alfort, n'a rien de routinier. Le corps sans vie de la jeune femme est allongé dans la baignoire, lardé de 22 coups de couteau. Dans l'appartement, pourtant, pas la moindre trace de sang.

Deux épisodes des Experts

Plus étonnant encore: en plus d'avoir méthodiquement lavé les lieux, le meurtrier a pris soin de couper les cheveux et les ongles de la victime. Le meurtrier, les enquêteurs le découvriront plus tard, c'est Kamel Mouzaoui, l'ancien petit ami de la victime, qui n'a pas supporté que Marine l'évince quelques mois plus tôt. Un passionné de séries policières, et notamment des Experts.

C'est dans des épisode des Experts que Kamel a puisé son inspiration. Comme dans «Une empreinte de trop» à Miami, le jeune homme lave le corps de sa victime au savon liquide et au white spirit pour faire disparaître toute trace susceptible de l'incriminer. Comme dans «L'étrangleur de Las Vegas», il se rase entièrement la tête, sourcils compris, pour ne laisser aucune trace d'ADN risquant de le confondre.

Trahi par son téléphone

Une préméditation que nie pourtant le petit ami éconduit quand sa machination est mise à jour par la police. Le beau-père de Marine n'est pas dupe: «Quelqu’un sous le coup de la colère n’aurait pas agi de cette façon. Il avait tout prévu.» Tout ou presque, car Kamel a été imprudent.

Dans un véritable chantage au suicide, le jeune homme adresse de nombreux SMS à Marine les jours qui précèdent le meurtre. Le matin-même, il lui en envoie un, puis plus rien. Et c'est encore son téléphone portable qui permet aux enquêteurs de le localiser quand ils commencent à le soupçonner, et alors qu'il a fui vers Lyon.

La police scientifique est bluffée

En garde à vue, Kamel nie puis craque. «Et qu’est-ce que vous regardiez à la télévision?», lui demandera 2 ans plus tard l'avocat général à son procès. «Des dessins animés, comme l’Inspecteur Gadget et Dragon Ball Z,mais aussi des feuilletons, comme Desesperate Housewives, NCIS et… les Experts», avouera-t-il.

«Nous avons même dû utiliser le Blue Star, la lumière bleue, pour repérer les traces de sang», raconter la police scientifique au tribunal, bluffée par la minutie avec laquelle la «scène de crime» a été nettoyée. Une sorte de reconnaissance ultime, avant la case prison. En juin dernier, la cour d'Assises de Créteil a condamné Kamel à 22 ans de prison.