Lies Hebbadj «présumé coupable», ce n'est que l'opinion d'Hortefeux

POLEMIQUE En évoquant le commerçant de Nantes, le ministre de l'Intérieur avait oublié le principe de «présomption d'innocence»...

M.P. avec AFP

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MIGUEL MEDINA/AFP

Quand samedi, Brice Hortefeux expliquait que Lies Hebbadj était «présumé coupable», il n’a exprimé que son «opinion» personnelle. En aucun cas, le ministre de l’Intérieur n’a voulu faire pression sur des magistrats amenés à juger l’homme accusé notamment de viols, puisqu’«il appartiendra à la justice de se prononcer sur ses responsabilités», a-t-il répété – deux fois – lundi, lors d’une conférence de presse sur la sécurité à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Certainement conscient du trouble qu’il a causé dans le milieu judiciaire avec sa sortie, Brice Hortefeux a donc tenu à rectifier le tir. Sur la forme, car sur la fond, il n’a rien renié. Lorsqu'une personne «est mise en examen non pas une fois mais deux fois pour des faits graves, on peut se poser la question» de sa culpabilité, a-t-il expliqué. «Mon opinion est claire» à ce sujet, a-t-il ajouté.  «De très lourdes charges pèsent» sur Lies Hebbadj, a renchéri le ministre de l'Intérieur, pour qui ce qui est reproché à ce commerçant de Rézé (Loire-Atlantique), en particulier les suspicions de fraudes aux prestations sociales, ne constituent «pas un fait divers, mais un fait de société».

Le ministre de l’Intérieur en a profité pour redire qu’il souhaitait que la déchéance de nationalité soit possible pour les «personnes d’origines étrangères» coupables de  «polygamie, excision, trafic d'êtres humains et un certain nombre de faits graves» comme les homicides contre «dépositaires de l'autorité».

«Un jouet politique»

Déjà mis en examen il y a deux mois pour soupçons de fraudes aux allocations familiales et polygamie, Lies Hebbadj, 35 ans, a été mis en examen dimanche pour viols et violences à l’encontre d’une de ses ex-concubines. Après que Brice Hortefeux a qualifié le commerçant nantais de «présumé coupable», son actuelle compagne est montée au créneau lundi, estimant que  son «mari est devenu un jouet politique, le bouc émissaire de la République».

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