Liès Hebbadj: «le bouc émissaire de la République» pour sa femme et «victime d'une manipulation» selon son avocate

SOCIETE Pour Brice Hortefeux, il reste «présumé coupable»...

J. M. avec AFP

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Lies Hebbadj au tribunal de police de Nantes, le 28 juin 2010.
Lies Hebbadj au tribunal de police de Nantes, le 28 juin 2010. — F.PERRY / AFP

«Mon mari est devenu un jouet politique, le bouc émissaire de la République.» Liès Hebbadj peut compter sur le soutien de sa femme Mirian, qui a estimé ce lundi avec une autre compagne dans un entretien accordé à Presse-Océan que l'homme était devenu «le bouc émissaire de la République». Des propos qui rappellent ceux de l'avocate du commerçant, qui s'est indignée de l'attitude de Brice Hortefeux dans cette affaire.

«L'accusation de viols arrive pour appuyer les déclarations de Brice Hortefeux»

«On le fait passer pour un monstre, on lui colle toutes les étiquettes possibles et inimaginables», a dénoncé Miriam Hebbadj, qui note que «comme dans les autres rebondissements, l'accusation de viols arrive pour appuyer les déclarations de Brice Hortefeux sur la déchéance de la nationalité». De son côté Sandrine Mouleres, la compagne du suspect verbalisée en avril pour port de niqab au volant, a supposé qu'«il n'est pas impossible que (la plaignante à l'origine de la mise en examen pour viols) ait subi des pressions, qu'on l'ait encouragée à porter plainte aujourd'hui alors qu'elle ne l'avait jamais fait jusque-là».

Le cas Liès Hebbadj est «un cas de société plus qu’un fait divers», a déclaré dimanche Brice Hortefeux. Une façon pour le ministre de l'Intérieur de justifier le traitement réservé au commerçant nantais, qualifié dimanche de «manipulation» par son avocate alors que son client venait d'être mis en examen pour viols aggravés sur une de ses ex-compagnes.

«Des propos très étonnants d'un point de vue juridique»

«Il s'agit d'accusations fantaisistes, très anciennes, sur un domaine intime assez invérifiable» a déclaré dimanche l'avocate de Liès Hebbadj à la presse, notant au passage que «le fait qu'un ministre s'exprime à son sujet en tenant des propos très étonnants d'un point de vue juridique avec la "présomption de culpabilité" laisse penser que ce n'est pas un sujet comme les autres».

Brice Hortefeux, en effet, a estimé samedi sur RTL que Liès Hebbadj était à ses yeux «présumé coupable» de polygamie et de fraude aux prestations sociales et que, selon lui, il devait à ce titre être déchu de sa nationalité française.

Liès Hebbadj «a eu une enquête impartiale, il aura une instruction impartiale»

Concernant la mise en examen pour viols aggravés, le procureur de la République de Nantes a cependant assuré que la justice avait travaillé «de manière classique et impartiale», ajoutant que le suspect «a eu une enquête impartiale, il aura une instruction impartiale».

En attendant, Brice Hortefeux a répété dimanche qu'il fera «dès la fin de ce mois d'août» des propositions juridiques permettant de mettre en oeuvre la déchéance de nationalité française, «notamment pour les faits de meurtres de policiers ou de polygamie».

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