Quand la police aux frontières reconduit les sans-papiers en jet

IMMIGRATION Elle nie cependant y avoir recours pour masquer des expulsions polémiques...

Julien Ménielle

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Des fonctionnaires de la Police aux frontières (PAF) à Lyon, le 9 juillet 2010.
Des fonctionnaires de la Police aux frontières (PAF) à Lyon, le 9 juillet 2010. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP PHOTO

Pas vu pas pris. La police aux frontières, soucieuse d'éviter les incidents lors des expulsions sur des vols réguliers, auraient recours à des petits avions pour les procédures impliquant notamment des enfants. Une information démentie par les services de police.

Selon le réseau éducation sans frontières (RESF), cité par France-Info, une famille géorgienne a été évacuée cette semaine encore à bord d'un petit Beechcraft «dissimulé en bout de piste» sur un petit aérodrome alors qu'ils avaient passé la nuit dans le centre de rétention jouxtant l'aéroport de Lyon.

«2% des cas»

La police aux frontières (PAF) a une flotte constituée de 2 petits avions acquis en 2006 et 2008», confirment les services de police à 20minutes.fr. Mais ils sont pilotés par des fonctionnaires de la PAF et ne sont utilisés «que dans 2% des cas», les autres reconduites à la frontière s'effectuant sur des vols réguliers.

La PAF n'y aurait recours que dans le cas où il n'y a pas de vol commercial permettant de réacheminer «dans les délais de la procédure» la personne reconduite vers le pays «par lequel est arrivée», assure la source policière.

«Il faut être discrets»

Un fonctionnaire affecté aux reconduites aux frontières a cependant indiqué à France Info que «sa hiérarchie privilégie régulièrement ces vols (...), surtout lorsque des enfants sont concernés, qu’ils bénéficient du soutien d’associations et dont la presse pourrait se faire l’écho.»

Ce que démentent les services de police interrogés par 20minutes.fr, qui nient par ailleur y avoir un recours plus fréquent: «le pourcentage de 2% est stable depuis 3 ans». Mais pour le fonctionnaire cité par la radio l'assure de son côté: «Il faut être discrets, confie un policier: l’image des charters d’immigrés aurait laissé des traces».

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