Les producteurs de lait toujours mécontents

PRIX DU LAIT La pression s'accentue sur les industriels...

Anaïs Machard avec AFP

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Lors d'une manifestation d'agriculteurs à 100km de Rennes, le 3 août 2010, contre le prix du lait
Lors d'une manifestation d'agriculteurs à 100km de Rennes, le 3 août 2010, contre le prix du lait — S. MAHE / REUTERS

Une trentaine d'éleveurs ont symboliquement muré avec des briques de lait l'entrée de la préfecture du Pas-de-Calais, à Arras, jeudi matin, pour réclamer des prix du lait plus élevés. En haut du mur, une banderole des syndicats JA et FDSEA affichait : «0,34 euro le litre pour garder le lait d'ici».

Un nouvel épisode dans la guerre du lait entre producteurs et industriels. Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, et les producteurs de lait ont accentué mercredi la pression sur les industriels du secteur pour obtenir une hausse des tarifs du lait après l'échec des négociations.

Les revenus des producteurs ont baissé de 30, voire 50% depuis 2009. En juin dernier, producteurs, transformateurs et distributeurs s’étaient mis d’accord pour une hausse du prix d’achat du lait à la production de 10%, qui n’est à ce jour qu’à peine de 3%. «Je souhaite que les industriels et les coopératives fassent les efforts nécessaires pour que les producteurs soient rémunérés à leur juste valeur», a annoncé le ministre.

Les producteurs de lait multiplient les actions

Pour se faire entendre, les producteurs multiplient les actions. Mercredi soir, une trentaine de d’entre eux ont manifesté  devant la laiterie Yoplait du Mans, en barrant l’entrée avec des poteaux en béton, demandant à être reçus par la direction.

Depuis quelques jours, une campagne d’étiquetage a été lancée par les agriculteurs: Ils dénoncent les grandes entreprises Lactalis, Bongrain et Bel, qui n’ont pas tenu l’accord passé en 2009. Les fromages Président, Caprice des Dieux et Vache se retrouvent respectivement sur la sellette, affublés de stickers «commerce non équitable» ou encore «ces marques volent les producteurs de lait et vous-même», incitant le consommateur au boycottage. «Ces gens se servent des marques pour faire pression sur nous, ce qui est doublement stupide, d'abord parce que c'est illégal et parce que les marques, c'est ce qui valorise le mieux le lait», réplique Luc Morelon, porte-parole du groupe Lactalis. Le premier groupe laitier européen, comme il se revendique, avoue être touché par ce boycottage.

Il leur reste une semaine

«Il n'est pas trop tard» pour relancer les discussions, a déclaré Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, principal syndicat agricole français qui donne jusqu’au 12 août aux industriels pour renégocier les prix. Passé cette date, des représentants syndicaux se rendront dans les sièges sociaux pour «demander des comptes aux industriels qui ne jouent pas le jeu». La fédération des industries laitières (FNIL) a quant à elle «appelé l’ensemble des acteurs à trouver les voies nouvelles permettant de rétablir un dialogue constructif dans l’intérêt de tous».