Octogénaire séquestré par ses proches: «Elle me menaçait de mettre à la porte quand il ferait froid»

TEMOIGNAGE L'homme, affaibli mais conscient, a pû raconter son calvaire à Nora Berra...

J. M.

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Un octogénaire a été séquestré pendant plus d'un an dans cette maison d'Arrou, en Eure-et-Loir.
Un octogénaire a été séquestré pendant plus d'un an dans cette maison d'Arrou, en Eure-et-Loir. — ALAIN JOCARD/AFP PHOTO

L'octogénaire séquestré pendant un an dans la buanderie de sa maison d'Arrou (Eure-et-Loir) et maltraité par une partie de sa famille, a raconté ce lundi à la presse qu'il avait peur de son épouse qui le battait. Au cours d'une rencontre avec Nora Berra au centre hospitalier de Châteaudun, le vieil homme, s'exprimant facilement bien que visiblement affaibli, a confirmé que sa femme l'avait frappé pendant sa séquestration. «Elle me battait pour me punir, elle me prenait pour un domestique», a-t-il témoigné, tout en refusant d'accabler son épouse.

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«Ses gosses me détestaient», a raconté l'homme, qui a également décrit des brimades: «Elle m'a piqué mes cannes blanches, elle les a planquées je sais pas où». La secrétaire d'Etat chargée aux Aînés, Nora Berra, visiblement gênée d'entendre la victime s'épancher devant les quelques journalistes présents, déclaré l'avoir trouvé «physiquement un peu affaibli» et «désorienté psychologiquement» tout en se disant «rassurée, parce qu'il va bien».

 Sur son fauteuil, à l'hôpital, le vieil homme se dit «patraque». «Je suis abruti», répète-t-il à la secrétaire d'Etat. Pendant un an, cet homme a vécu un calvaire, enfermé dans une minuscule buanderie, séquestré par une partie de sa famille qui le violentait et le sous-alimentait. Malvoyant depuis plusieurs années, il a désormais complètement perdu la vue du fait de ses conditions de vie déplorables.

«Je ne veux plus la voir»

Quel avenir pour cet homme maltraîté par les siens? «Clairement dans ses propos: "je ne veux plus la voir"», a assuré Nora Berra au sortir de sa chambre. La victime pourrait donc être placée dans un centre pour aveugles près de Marly-le-Roi, dans les Yvelines. Quand il se penche sur son passé, toutefois, l'homme n'est pas amer. Il qualifie son épreuve de «concours de circonstances», provoquée par «une femme peu commode».

«On s'est marié pour qu'elle devienne mon héritière. C'est moi qui lui ait proposé. C'était un mariage récompense parce qu'elle m'a recueilli chez elle», raconte encore la victime, qui considère «ne pas avoir été séquestré». Un détachement qui tranche avec le récit de son calvaire. «Elle me menaçait de mettre à la porte quand il ferait froid», elle «me supprimait des repas pour me punir des fois pendant trois jours», elle «m'a empêché d'aller dans le centre pour aveugles», egrenne-t-il.

D'importantes sommes d'argent détournées

D’importantes sommes d’argent lui appartenant auraient par ailleurs été détournées. Interpellée mercredi, son épouse âgée de 45 ans a été placée en détention provisoire vendredi à la maison d'arrêt de Versailles.

Egalement arrêtés, l'amant présumé de cette femme et un de ses fils ont été libérés sous contrôle judiciaire. Ils sont poursuivis pour complicité de séquestration criminelle et non dénonciation de mauvais traitements sur personne vulnérable.