Otage français exécuté au Mali: Al Qaïda affirme avoir négocié avec Paris

TERRORISME La France avait affirmé le contraire...

J.C. avec AFP

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Photographie de Michel Germaneau, l'otage français retenu au Sahel par Al Qaïda au Maghreb Islmaique (Aqmi), exécuté le 26 juillet 2010.
Photographie de Michel Germaneau, l'otage français retenu au Sahel par Al Qaïda au Maghreb Islmaique (Aqmi), exécuté le 26 juillet 2010. — /ENMINAL/MAIRIE DE MARCOUSSISAFP PHOTO

Version contradictoire. Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droudkal, a affirmé avoir négocié avec Paris pour la libération de l'otage français Michel Germaneau avant l'opération qui a conduit à son exécution, selon un message complet diffusé dimanche par des sites islamistes.

«Nous n’avons jamais eu de revendications précises»

«Honte à la France et à son président, qui a lancé son raid alors que des négociations étaient en cours», a affirmé le chef d'Aqmi dans ce message audio dont des extraits avaient déjà été diffusés le 25 juillet par la chaîne Al-Jazira pour annoncer l'exécution de l'humanitaire. Une déclaration qui contredit le ministre français de la Défense Hervé Morin qui affirmait le 26 juillet que Paris n'avait pas pu avoir «la moindre discussion» avec les ravisseurs de Michel Germaneau.

«On annonçait la mort de Michel Germaneau à travers un ultimatum [lancé le 11 juillet] sans qu'il y ait la moindre discussion, avait précisé Morin. Nous n'avons jamais eu de revendications précises. Ils ont même refusé toute discussion pour permettre l'acheminement de médicaments dont Michel Germaneau avait besoin pour ses problèmes cardiaques.»

Dans la version complète du message, le chef d'Aqmi a également confirmé que six membres de son groupe avaient été tués lors de l'opération lancée par l'armée mauritanienne dans le désert malien, avec le soutien logistique de la France qui tentait de libérer l'otage. Michel Germaneau était détenu par une cellule d'Aqmi dirigée par l'Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, décrit comme «violent et brutal», qui avait déjà exécuté, il y a treize mois, un otage britannique, Edwin Dyer, enlevé six mois auparavant.

«Acte barbare»

Londres avait refusé de céder aux exigences d'Aqmi, qui réclamait des Britanniques la libération de plusieurs membres de l'organisation prisonniers dans des pays du Sahel. Ces mêmes exigences avaient été formulées pour garantir la vie sauve à Michel Germaneau. Au lendemain de l'annonce de son exécution, le président français Nicolas Sarkozy avait promis que cet «acte barbare» ne resterait pas impuni.

Trois Français sont encore otages à l'étranger depuis la fin 2009: un agent des renseignements en Somalie et deux journalistes en Afghanistan.