Meurtre de Firmin Mahé: quatre militaires français vont être jugés en cour d'assises

JUSTICE Cet Ivoirien était mort étouffé dans un blindé français en 2005 en Côte d'Ivoire...

avec AFP

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Firmin Mahe, un Ivoirien tué pendant sa détention par l'armée française en Côte d'Ivoire en octobre 2005.
Firmin Mahe, un Ivoirien tué pendant sa détention par l'armée française en Côte d'Ivoire en octobre 2005. — BIAN/SIPA

Quatre militaires, dont le colonel Eric Burgaud, sont renvoyés devant la cour d'assises du Tribunal aux armées de Paris (TAP) pour le meurtre de Firmin Mahé, Ivoirien mort étouffé dans un blindé français en 2005 en Côte d'Ivoire, ont indiqué ce jeudi des sources proches du dossier.

Le général Henri Poncet, à l'époque commandant de la force Licorne et qui avait été mis en examen pour «complicité d'homicide volontaire», a en revanche bénéficié d'un non-lieu, conformément aux réquisitions du parquet.

Homicide volontaire

Le colonel Eric Burgaud, et les trois soldats qui se trouvaient à bord du véhicule blindé léger (VBL), sont en revanche renvoyés devant la cour d'assises.

«Je prends acte du renvoi de mon client devant la cour d'assises», a indiqué l'avocat d'Eric Burgaud, Alexis Gublin. Le colonel, soupçonné d'avoir donné l'ordre de tuer Firmin Mahé, est renvoyé pour homicide volontaire. Un militaire à bord du VBL est également renvoyé pour ce chef tandis que les deux autres, dont le conducteur du véhicule, le brigadier Lianrifou Ben Youssouf, sont renvoyés pour omission d'empêcher un crime.

«Nous démontrerons devant la cour d'assises qu'il s'agit d'une incrimination absurde compte tenu des circonstances et de la configuration des lieux», a dit son avocat, Eric Morain.

«Coupeur de route»

Considéré par les soldats de la force Licorne comme un «coupeur de route», un bandit semant la terreur dans la région de Man (ouest du pays), Firmin Mahé avait été interpellé le 13 mai 2005 après avoir été blessé à une jambe lors d'un accrochage avec des militaires français.

Il avait ensuite été conduit à une infirmerie puis dirigé vers Man sur ordre du général Poncet. Dans le blindé qui l'emmenait, il avait été étouffé par des militaires qui disaient avoir agi sur ordre.