Affaire Bettencourt: Philippe Courroye affirme ne pas obéir à des pressions

JUSTICE Les accusations portées contre lui relèvent du «fantasme»...

Corentin Chauvel

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HADJ / SIPA

Après les attaques virulentes d’Eva Joly à son encontre, le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, se défend ce jeudi dans Le Figaro. «Habitué depuis fort longtemps aux critiques», il assure qu’il n’est pas «homme à céder aux pressions» et que les enquêtes qu’il a ouvertes dans l’affaire Bettencourt se déroulent de la manière la plus rigoureuse qui soit.

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Accusé, notamment par Eva Joly, «de ne pas aller au fond des choses» et de participer à une «une opération de blanchiment», Philippe Courroye défend l’impartialité de la justice: «L'ampleur et la rapidité des investigations démontrent la mobilisation de la justice et de la police au service d'un seul objectif: établir la vérité.»

«Une véritable entreprise de démolition du ministère public»

«Certains se livrent aujourd'hui à une véritable entreprise de démolition du ministère public pour lui faire revêtir les habits de la honte», ajoute le procureur qui qualifie de «fantasme» les accusations portant sur les «ordres» politiques et autres «instructions inavouables» qu’il aurait reçus.

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Sur le fond de l’affaire Bettencourt, Philippe Courroye se montre moins disert. «Sans préjuger de la suite, on peut d'ores et déjà constater que les propos prêtés par Mediapart à Claire Thibout concernant un financement politique généralisé ont été démentis par ses auditions devant les enquêteurs», indique-t-il toutefois, refusant d’expliquer pourquoi il ne souhaite pas transmettre les enregistrements clandestins à la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui instruit un supplément d'information dans l'affaire Bettencourt.

La beauté et la grâce du «Lac des cygnes» pour évacuer les attaques d’Eva Joly

A propos des enregistrements, justement, il estime que leur transmission à la presse est «un total dévoiement de l'administration de la preuve et un procédé d'une illicité et d'une indignité extrêmes». «Voulez-vous une société où, demain, n'importe qui s'arrangera pour faire sonoriser le bureau ou le domicile d'un avocat, d'un chef d'entreprise d'un journaliste, d'un magistrat puis rendra publics ces enregistrements?», s’interroge Philippe Courroye.

Enfin, le procureur n’en veut finalement pas trop à Eva Joly de l’avoir attaqué dans la presse et s’en tire avec une pirouette: «Juste après avoir lu son interview dans Le Monde, je suis allé voir "Le Lac des cygnes" interprété par le ballet de Novossibirsk. Face à tant de beauté et de grâce, le fiel d’Eva Joly s'est désintégré pour rejoindre les particules du néant.»