Violences à Grenoble: Brice Hortefeux veut «frapper les délinquants au portefeuille»

SOCIETE Le ministre de l'Intérieur n'a passé qu'une petite heure sur place au total...

Source AFP
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Des casseurs font face aux forces de l'ordre, dans une rue du quartier de la Villeneuve à Grenoble, le 17 juillet 2010.
Des casseurs font face aux forces de l'ordre, dans une rue du quartier de la Villeneuve à Grenoble, le 17 juillet 2010. — AFP PHOTO PHILIPPE MERLE

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s'est rendu ce samedi après-midi à la Villeneuve, le quartier de Grenoble où de violents incidents ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi, après une course poursuite mortelle entre la police et un malfaiteur.

 

Trois unités de forces mobiles du RAID et du GIPN mobilisées

Il arrivé au bureau de police de la Villeneuve vers 14h40 sous la surveillance d'une quinzaine d'hommes du GIPN, avant d'en repartir quinze minutes plus tard. Il a échangé quelques mots dans le calme avec des policiers, puis avec des habitants présents devant le commissariat, derrière lequel se trouvaient deux carcasses de voitures brûlées.

Il a déclaré qu'il souhaitait «rétablir l'ordre public et l'autorité de l'Etat» au plus vite et par «tous les moyens». «J'ai demandé au préfet de mettre en oeuvre tous les moyens pour que le quartier soit sécurisé», a-t-il ajouté précisant avoir ordonné la mobilisation de trois unités de forces mobiles avec des moyens spécialisés, du RAID et du GIPN (groupe d'intervention de la police nationale), «maintenant et pour tout le temps nécessaire pour que le calme soit revenu».

«Frapper les délinquants  au portefeuille»

«Il y a une réalité simple et claire dans ce pays: les voyous et les délinquants n'ont pas d'avenir car la puissance publique finit toujours par l'emporter», a conclut Brice Hortefeux. Il a encore annoncé avoir demandé à son homologue du Budget François Baroin d'envoyer «dès la semaine prochaine à Grenoble un inspecteur du Fisc afin de frapper au portefeuille les délinquants».

«Nous devons impérativement faire reculer l'économie souterraine qui alimente à la fois le trafic des stupéfiants et celui des armes», a-t-il martelé.

«Je ne sais pas quoi penser« de cette visite, a déclaré un fleuriste du quartier: «D'un côté c'est rassurant, de l'autre ça ne fait qu'attiser la haine de certaines personnes», a-t-il ajouté en confiant qu'il comptait vider au maximum son magasin pour prévenir tout incident. «La venue du ministre, ça risque plutôt d'envenimer la situation», a estimé un autre habitant sous couvert d'anonymat.

Le maire de Grenoble, Michel Destot, qui s'était rendu en milieu de journée à la Villeneuve, a condamné «avec la plus grande fermeté les scènes d'émeute et les incendies» qui se sont déroulés la nuit dernière, et rappelé qu'il demandait la convocation d'un Grenelle de la sécurité urbaine et des moyens physiques supplémentaires. «C'est un vrai cri d'alarme que je lance».

Deux jeunes arrêtés

Dans la nuit de vendredi à samedi, des incidents ont éclaté, avec des tirs à balles réelles entre manifestants et forces de l'ordre. Peu avant minuit, de petits groupes de casseurs s'en étaient pris à coups de battes à un tramway et à des abribus. Entre 50 et 60 voitures, des engins de chantier et deux commerces ont été incendiés.

Deux jeunes âgés de 17 et 18 ans ont été interpellés et placés en garde à vue pour des incendies de véhicules, et trois autres âgés de 20 ans l'ont été pour «des tentatives de vols dans des magasins».

Vers 2h30, un homme manifestant au sein d'un groupe d'une quarantaine de personnes a sorti une arme de poing et tiré en direction des forces de l'ordre, surprises par un tel accès de violence. Les policiers ont riposté à cinq reprises à balles réelles en direction du groupe, selon des sources policières.

Venger la mort d'un braqueur

Les émeutiers entendent ainsi venger la mort de Karim Boudouda, 27 ans, le braqueur du casino d'Uriage décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, après avoir, avec son complice actuellement en fuite, «ouvert le feu à au moins trois reprises vers les policiers», a déclaré vendredi le procureur de la République à Grenoble, Jean Philippe.

«Les policiers de la BAC ont alors riposté», touchant Karim Boudada à la tête, a-t-il précisé, évoquant la «légitime défense», une version contestée par les jeunes résidents de la Villeneuve. Jean Philippe a précisé ce samedi que l'enquête de l'IGPN avait déjà établi que les policiers avaient tiré en légitime défense.

Sur place, les policiers ont retrouvé «une partie», voire «la totalité du butin», entre 20 et 40.000 euros, dans un sac à l'arrière du véhicule des malfaiteurs. Il s'agissait du troisième braquage de casinos de groupes français dans la région Rhône-Alpes et en Suisse voisine depuis quelques mois.

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