La polémique Woerth fait deux pas en avant, trois pas en arrière

Vincent Vantighem

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Liliane Bettencourt, le 25 avril 2005.
Liliane Bettencourt, le 25 avril 2005. — P. KOVARIK / AFP

Dans la moiteur de la polémique estivale, Eric Woerth et Nicolas Sarkozy ont reçu, hier, une première bouffée d'air frais. Selon Le Monde, Claire T., l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, serait en partie revenue sur les déclarations qu'elle avait faites au site Mediapart, lundi soir.
Lors de cette interview, l'ex-comptable assurait qu'Eric Woerth aurait reçu une enveloppe de 150 000 € le 26 mars 2007 dans le but de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Que ce dernier était également un « habitué » de la table des Bettencourt.
Confrontée aux enquêteurs de la police mercredi soir, l'ex-comptable n'aurait finalement rien confirmé. « Il n'est plus question du 26 mars, ce n'est pas la bonne date », assure-t-elle. Quant aux allées et venues de Nicolas Sarkozy : « C'est totalement faux. C'est de la romance de Mediapart. Je n'ai jamais dit que des enveloppes étaient remises régulièrement à M. Sarkozy. » Dans les extraits de carnets de comptes publiés, hier dans la presse, on trouve effectivement trace de retraits d'argent. mais à chaque fois, l'utilisation semble légalement justifiée.

La police procède

à une confrontation
Mis à mal par la polémique grandissante de jour en jour, l'Elysée n'a pas tardé à réagir pour afficher sa satisfaction. « Le fait que la vérité soit rétablie fait toujours plaisir », a affirmé Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée à l'AFP.
A l'origine des révélations pour Mediapart, le journaliste Fabrice Lhomme n'est pas totalement surpris de voir la comptable se rétracter. « Elle est effarée par l'ampleur de la polémique déclenchée par ses propos. » Hier après-midi, la brigade financière devait justement confronter dans ses locaux l'ex-comptable avec le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, histoire d'y voir un peu plus clair dans cette affaire.