Des propositions pour en finir avec le mal-être au travail

SOCIETE La mission d'information a rendu son rapport sur le sujet...

Julien Ménielle

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Trente-six auditions ou tables rondes, des visites au Technocentre Renault Guyancourt et au centre d'appels de France Télécom... Pendant six mois, un groupe de sénateurs a planché sur la souffrance des salariés. Au bout du compte, un diagnostic: «le mal-être au travail est répandu et en progression». Tour d'horizon des propositions sénatoriales.

Modifier le code du travail
La mission propose d'inclure dans le code une disposition indiquant que les méthodes de travail «ne doivent pas mettre en danger la sécurité des travailleurs, ni porter atteinte à leurs droits et à leur dignité». De même, le rapport préconise que l'employeur, qui doit déjà évaluer les risques pour la santé et la sécurité de ses employés, prenne aussi en compte «la charge psychosociale du poste de travail».

Faire bouger les méthodes de management
Les sénateurs proposent de sensibiliser les futurs managers, au cours de leur formation, à la santé et la sécurité au travail. Au quotidien, le rapport préconise un retour aux «fondamentaux du management» en redonnant leur place aux «comportements individuels» en lieu et place des «procédures pré-établies», tout en renforçant les «collectifs de travail» (évaluation collective des personnels, espaces de concertations avec les salariés). Plus concrètement, toucher les managers au portefeuille, en proposant aux entreprises de faire dépendre une partie de leurs primes des indicateurs sociaux et de santé de leurs collaborateurs.

Améliorer les dispositifs de prévention existants
Le rapport propose de communiquer, notamment auprès des petites entreprises, sur les organismes susceptibles de les aider, comme l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact). La mission espère voir revalorisée la médecine du travail à l'occasion de la réforme en cours sur le sujet. Dans le même temps, les sénateurs souhaitent que les CHSCT soient renforcés par une élection directe de ses membres, qui pourraient bénéficier de plages horaires étendues pour jouer leur rôle.

Accompagner les salariés en souffrance
Les auteurs du rapport proposent de développer des «dispositifs d'écoute» permettant aux salariés de s'exprimer voire de bénéficier d'un «soutien psychologique». Ils estiment par ailleurs nécessaires de mieux former aux problèmes de santé au travail les médecins traitants, vers lesquels les salariés se tourneraient plus volontiers. Et pour soutenir les victimes, les sénateurs souhaitent «étudier la possibilité d'inscrire le stress post-traumatique dans les tableaux de maladies professionnelles» et d'en assouplir les critères de reconnaissance.