Mal-être au travail: un rapport, et après?

SOCIETE La mission d'information a rendu ses propositions sur le mal du siècle: des préconisations peu contraignantes...

Julien Ménielle

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Illustration: le stress en entreprise.
Illustration: le stress en entreprise. — S. POUZET / 20 MINUTES

«Un diagnostic préoccupant», voire franchement «sombre». C'est le triste tableau brossé par la mission d'information sur le mal-être au travail, qui a rendu son rapport ce mercredi. Un mal-être «répandu et en progression», selon les sénateurs qui ont planché sur le sujet, et qui proposent pour le résoudre une série de préconisations n'ayant pas vocation à déboucher sur un texte de loi.

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«On ne révolutionne rien», a concédé le rapporteur de la mission Gérard Dériot (UMP) en présentant ses conclusions. Pourtant, selon lui, plus d'un salarié sur cinq se plaint d'une charge de travail excessive, et près d'un sur trois se déclare victime d'agressions verbales ou estime devoir accomplir dans son travail des actes qu'il réprouve.

«Taylorisme»

La cause de tous ces maux? Une certaine forme de «taylorisme», selon Jean-Pierre Godefroy (PS), l'«isolement des salariés», et la «perte du sens du travail». Mais aussi la recherche de la performance à tout prix, les procédures standardisées qui ne laissent aucune place à la décision individuelle... «La recherche du profit à outrance», résume à sa façon Annie David, du groupe communiste.

A défaut de pouvoir lutter contre «le libéralisme débridé» ou les effets collatéraux de «l'inéluctable mondialisation» (selon que l'on est issu du groupe communiste ou UMP), les membres de la mission espèrent «remettre un peu d'humanité dans les décisions». Mais comment? Modifier le code du travail, faire évoluer les méthodes de management, améliorer l'accompagnement des salariés en souffrance.

Pas de contraintes

Des vœux pieux, comme toutes les préconisations de la mission. D'autant que les sénateurs espèrent désormais que d'autres se saisiront de leur rapport, qu'ils comptent «diffuser largement» mais qui n'a pas vocation à déboucher sur une proposition de loi. Charge aux partenaires sociaux de s'approprier leurs propositions à l'occasion de négociations à venir.

Rien de bien contraignant. Mais la dernière fois que le ministère du Travail avait tenté la manière forte en publiant sur son site les listes des entreprises les moins actives en matière de prévention du stress, ça n'avait duré que 24h. Xavier Darcos avait dû retirer les noms des mauvais élèves, qui avaient mal pris d'être montrés du doigt.