Des citadins heureux mais inquiets pour l'avenir

SOCIETE C'est ce que révèle une étude sur les modes de vie urbains...

Audrey Chauvet

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Grève des transports publics à Paris, en novembre 2007.
Grève des transports publics à Paris, en novembre 2007. — MEIGNEUX/SIPA

Ils sont globalement satisfaits de leur vie en ville, mais ne la souhaite pas toujours à leurs enfants. Une étude menée sur les habitants de sept villes, dont Paris et Londres, en avril 2010 pointe les paradoxes des citadins européens: alors que 82% des Parisiens et des Londoniens sont heureux de vivre en ville, un sur deux n’aimerait pas que ses enfants y grandissent.

La qualité de vie se dégraderait

L’étude TNS Sofres, commandée par l’observatoire Veolia des modes de vie urbains, explore les raisons de l’inquiétude des citadins. Le prix des logements arrive en tête des préoccupations des Parisiens (pour 81% d’entre eux), suivi par la pollution (36%) et l’insécurité (36%). Ils sont 47% à penser que la qualité de vie à Paris va se dégrader dans les prochaines années, contre 35% en moyenne dans les autres villes étudiées (Londres, Chicago, Le Caire, Bombay, Pékin, Sao Paulo).

Des efforts pour l’environnement

La problématique de la santé et de la pollution est une constante dans toutes les villes. En Europe, l’amélioration de la qualité de l’air et le développement des espaces verts arrivent en tête des priorités d’action souhaitées par les citadins. Et ils sont prêts pour cela à faire des efforts personnels: 52% des Parisiens souhaitent réduire la place de la voiture, avec des zones piétonnes et des voies réservées aux bus, et 53% sont prêts à prendre davantage les transports en commun. De même, des mesures visant à favoriser le travail à domicile et à développer des pistes cyclables sont vues d’un bon œil.

Mais pour améliorer leur cadre de vie, les citadins ne sont pas prêts à tout: 52% d’entre eux ne sont pas favorables à l’instauration d’un péage urbain à l’entrée des villes et seuls 6% d’entre eux sont prêts à payer une taxe à la ville pour l’environnement. La sécurité passe aussi avant les considérations écologiques: la réduction de l’éclairage public la nuit, pour limiter la consommation d’énergie, est refusée par 51% des citadins (63% à Londres). 

Portrait de la ville idéale

Alors, quelle ville serait souhaitable pour les enfants des citadins? Une ville sûre, propre et où l’on peut facilement se déplacer. Mais pas forcément créatrice de lien social: la solidarité entre voisins et la mixité sociale n’apparaissent pas dans les priorités des citadins. L’individualisme a encore la cote en ville.