Les otages français vont-ils payer pour leur libération?

LEGISLATION L'article d'un projet de loi en fait mention...

Corentin Chauvel

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P.GUYOT / AFP

Libérer des otages, ça coûte cher. Depuis l’enlèvement des deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, en décembre dernier, les autorités n’ont cessé de le marteler, tout en assurant faire tout leur possible pour leur libération. Dans son projet de loi relatif à l’action extérieure de l’Etat, adopté par le Sénat en mai et étudié ce lundi à l’Assemblée nationale, le gouvernement indique que l’Etat «pourra demander (aux otages) le remboursement de tout ou partie des frais induits par les opérations de secours». Les rançons ne seraient pas prises en compte.

L’objectif? «Responsabiliser les ressortissants français qui se rendent sans motif légitime dans des zones dangereuses alors qu'ils ont reçu des mises en garde sur les risques encourus». Quid des journalistes et des humanitaires? L’article 13 du projet de loi précise que cette mesure «ne concerne pas les motifs légitimes tirés notamment de l'activité professionnelle ou d'une situation d'urgence», sans plus de précision sur les activités professionnelles en question.

Les touristes principalement visés

Une certaine inquiétude a alors parcouru les milieux de l’humanitaire et du journalisme, d’autant plus que l’amendement du député socialiste Hervé Féron, excluant précisément du champ d’application de cette mesure «les journalistes, les intervenants humanitaires, les chercheurs et les universitaires», avait été rejeté par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Contacté par 20minutes.fr, le ministère des Affaires étrangères assure que «ni les journalistes ni les humanitaires» ne sont concernés par l’article 13, celui-ci n’ayant pas voulu établir «une liste restrictive» pour ne pas avoir à demander des comptes, par exemple, à «un journaliste ne possédant pas encore sa carte de presse». Ce sont essentiellement les touristes qui devraient ainsi être visés par cette mesure qui, tempère le quai d’Orsay, ne sera «ni systématique, ni obligatoire» et appliquée «au cas par cas».

Et vous, qu'en pensez-vous? Est-il normal que les otages payent pour leur libération?