« La supérette plutôt que les restos de nice »

à nice, aurélie selvi

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A Nice, les vacanciers préfèrent pique-niquer que d'aller au restaurant.
A Nice, les vacanciers préfèrent pique-niquer que d'aller au restaurant. — J.-C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

Les vacances oui, mais pas à n'importe quel prix. Sous le soleil de Nice, deuxième destination touristique française après Paris, l'affluence estivale est bien là, même si le budget n'est pas toujours au beau fixe. « D'habitude, on part quinze jours. Cette année, on se contente d'une petite semaine », avouent Betty et Pierre. Originaires de Rouen, ces trentenaires ont opté pour un hébergement en pension complète à 500 € par tête. Mais ils devront faire l'impasse sur « les petits à-côtés, comme les glaces et les visites. Notre budget est plus serré, mais il était hors de question de sacrifier les vacances. On travaille toute l'année, c'est un peu notre récompense », explique le couple.
Même constat pour Yasmine, venue du Var : « Changer d'air, évacuer le stress du boulot, c'est essentiel. » Pour profiter de la Côte d'Azur sans trop casser sa tirelire, c'est dans une location à 400 € la semaine que cette aide à domicile passera ses vacances avec son frère Nassim. Et tant pis si la supérette du coin remplace les restaurants du Vieux Nice. Une tendance que ressentent les professionnels. « Une salade au lieu d'un menu, une carafe plutôt qu'une eau minérale. Contrairement à la clientèle étrangère, les touristes français ont nettement changé leurs habitudes », confie Michel Maiffret, patron de l'Opéra Plage.
Serviettes et pique-nique dans la glacière, sur la plage aussi l'heure est aux économies. Malgré leur « tout petit budget », Etienne, Céline et leurs trois enfants ont trouvé la combine pour profiter en famille des galets niçois. « J'ai déniché un petit boulot dans le bâtiment avec logement de fonction pour un mois. Sans ça, on n'aurait pas pu quitter le Pas-de-Calais », explique Etienne.

« Obligé de se serrer la ceinture »
Joindre l'utile à l'agréable, c'est aussi la stratégie de Myriam et Christophe. Sur la Côte pour un déplacement professionnel, ces Corses se sont octroyé une rallonge d'une journée pour flâner dans les ruelles de la vieille ville. « D'habitude, on part au Maroc ou en Espagne. Cet été, on va devoir s'en passer. On est obligés de se serrer la ceinture. » Maman de trois enfants en bas âge, Danielle doit, elle aussi, faire attention. La Marseillaise reste dans le Sud et a choisi Nice, « parce que ma famille m'héberge », confie-t-elle. Plutôt fourmi que cigale, Nicole, une Parisienne de passage, va, elle, profiter de l'été une semaine chez une amie dans le Var. De quoi économiser en attendant de se payer le voyage de ses rêves l'année prochaine : un périple en Asie… à plus de 2 000 €.

Un bon cru

« La crise est effacée dans l'économie touristique », a déclaré jeudi, le secrétaire d'Etat au Tourisme, Hervé Novelli. Après une année 2009 morose, le secteur a repris de la vigueur au 1er semestre 2010. Les perspectives pour cet été sont bonnes puisque les réservations de séjours par les Français devraient progresser de 18 % en juillet et de 7 % en août par rapport à l'été 2009. Autre bonne nouvelle : le retour des étrangers dans l'Hexagone. Les intentions de séjour en France des Européens ont progressé de 23 % en juillet et de 10 % au mois d'août par rapport à l'an dernier. Et ils envisageraient de rester plus longtemps. Les Américains débarqueront également à nouveau dans notre pays, incités notamment par la baisse de l'euro par rapport au dollar. Seul bémol à ces perpectives optimistes : tous les estivants prévoient de garder l'œil rivé sur leur portefeuille.