Malgré la crise, les vacances ont la cote

EXCLUSIF Un sondage Obea/InfraForces pour «20 Minutes» et France Info sur l'été des Français...

Delphine Bancaud

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L'une des principales plages de Biarritz.
L'une des principales plages de Biarritz. — APESTEGUY/SIPA

Pas question de sacrifier les vacances, même si le pouvoir d'achat s'est contracté avec la crise. Selon un sondage Obea/InfraForces pour 20 Minutes et France Info*, 56 % des Français envisagent de partir cet été et 45% sont d'ores et déjà sûrs de le faire (voir infographie). Pas étonnant, pour Elisabeth Tissier-Desbordes, professeur de marketing à l'ESCP Europe. «Partir en vacances est devenu une norme sociale et les Français sont prêts à se serrer la ceinture sur d'autres postes de dépenses pendant le reste de l'année pour préserver ce moment tant attendu.»

Le besoin «de couper avec le rythme métro-boulot-dodo»

Crise ou pas, une majorité de Français compte donc prendre la poudre d'escampette cet été et un tiers de ceux qui sont restés chez eux l'an dernier souhaitent partir cette année. Les Franciliens seront particulièrement nombreux à faire leurs valises (71%). «Ils éprouvent un réel besoin de se rapprocher de la nature et de couper avec le rythme métro-boulot-dodo», explique Elisabeth Tissier-Desbordes. Contrairement aux idées reçues, ceux qui resteront dans leurs pénates cet été, le feront d'abord pour des raisons personnelles (42,5%) et seulement 36% pour des raisons financières.

Les effets de la crise sont tout de même perceptibles. En effet, 49,4% des sondés déclarent que la situation économique ont un impact sur leur choix de vacances. «En temps de crise, ils partent moins loin et moins longtemps, constate Elisabeth Tissier-Desbordes. Par ailleurs, ils fréquentent moins les hôtels et privilégient l'hébergement en camping, chez la famille ou les amis.» L'incertitude économique influe aussi sur leur mode de consommation, puisqu'ils ont tendance à prévoir leurs vacances de plus en plus tard. Ainsi, 41,4% des sondés déclarent ne pas avoir encore réservé.

Une gestion beaucoup plus stricte du budget

Pas question non plus pour eux de jouer les paniers percés cet été, puisque 73, 4% envisagent d'être plus prudents dans leurs dépenses. «Grâce au Web, ils peuvent désormais partir à moindres frais, en achetant des voyages dégriffés à la dernière minute, des billets de train pas cher sur les sites de troc entre particuliers ou en répondant à des offres de covoiturage.» Pour ne pas dépasser leur budget, les Français sont également prêts à limiter les activités payantes sur leur lieu de villégiature et les sorties au restaurant. D'accord pour rogner sur le superflu, mais pas sur l'essentiel.