Blanc et Joyandet sont les premiers à payer

GOUVERNEMENT Les deux secrétaires d'Etat ont démissionné à la demande de Sarkozy et Fillon...

Armelle Le Goff et Acacio Pereira

— 

Montage photo de Christian Blanc et Alain Joyandet.
Montage photo de Christian Blanc et Alain Joyandet. — Jacques Brinon/AP/SIPA

La «République irréprochable» que Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux pendant la campagne présidentielle de 2007 a fait le ménage dans ses rangs. Avant même le remaniement ministériel prévu pour octobre prochain, Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopé­ration et Christian Blanc, chargé de la région-capitale, ont démissionné. Le premier l'a annoncé sur son blog.

«Ecran de fumée»

Mais en début de soirée, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, annonçait qu'en réalité Nicolas Sarkozy et François Fillon avaient demandé aux deux hommes de démissionner, afin de «tirer les conséquences d'événements survenus ces derniers jours que les Français n'ont ni compris ni acceptés», a affirmé Luc Chatel. Les deux secrétaires d'Etat avaient, chacun à leur tour, été épinglés par Le Canard enchaîné. Alain Joyandet pour avoir bénéficié d'un permis de construire illégal pour des travaux dans sa maison de Grimaud (Var) et de la location d'un jet privé à 116.500 euros payé par l'Etat. Christian Blanc, pour une facture de 12.000 euros de cigares aux frais de l'Etat.

Reste à savoir si ces deux «démissions» vont suffire à éteindre la polémique née autour d'Eric Woerth pour son implication présumée dans l'affaire Bettencourt. «Tout ça, c'est un écran de fumée pour protéger Woerth», a affirmé dimanche une source gouvernementale citée par l'AFP. De son côté, le numéro deux du PS, Harlem Désir, s'est demandé sur son blog pourquoi l'Elysée «couvre» le ministre du Travail, évoquant «un gouvernement en lambeaux conduit par une présidence épuisée. Cette situation de crise au sommet de l'Etat ne peut pas durer, pas plus que l'absence de réponses claires aux questions posées par les révélations successives dans l'affaire Woerth-Bettencourt. Pourquoi M. Woerth est-il autant protégé par l'UMP, pourquoi l'Elysée le couvre-t-il à ce point?»

Pour sa part, la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a estimé lors de l'émission La Tribune/BFM/Dailymotion que «dans les cas de Christian Blanc et Alain Joyandet, ils ont été mis en cause sur une mauvaise utilisation des deniers de l'Etat. Dans le cas d'Eric Woerth, ça n'a rien à voir, on empile des faits les uns sur les autres pour en faire des soupçons et, sur la base de soupçons, on condamne (...) et en plus là c'est fait» pour «un motif politique».